Le père Noël et le père Fouettard

Le gouvernement Gallant a beau à être à mi-mandat, on peut constater qu’il est déjà en mode électoral. L’arrivée de l’ancien ministre des Finances Blaine Higgs comme chef du parti progressiste-conservateur semble avoir incité les libéraux à passer à l’attaque.

Le document de consultation prébudgétaire de 2017-2018 invite la population de la province à guider le gouvernement dans la stratégie à adopter pour parvenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2020-2021. Comme le dernier budget a augmenté la TVH de 2%, c’est du côté de la colonne des dépenses que le gouvernement devra agir s’il compte respecter son engagement d’arriver à l’équilibre budgétaire dans un hypothétique second mandat. Sinon, la province devra se résigner à augmenter sa dette publique.

La dette nette de la province a doublé depuis 2006-2007. Le service de la dette – c’est-à-dire les intérêts à payer – se chiffrait à 700 millions $ en 2016-2017. C’est le quatrième poste budgétaire après la santé, l’éducation et les services sociaux.

Le débat entourant la dette publique de la province pourrait être l’enjeu des élections de 2018. Les électeurs voudront-ils des compressions en santé et en éducation ou reporter l’équilibre budgétaire au-delà de 2021? Le gouvernement Gallant fait déjà le pari que la population voudra avoir le beurre et l’argent du beurre.

À moins que la croissance économique ne soit au rendez-vous, il est difficile de croire que les recettes de la province vont augmenter d’ici les prochaines années. Comme la péréquation et les paiements de transferts constituent 35% des revenus du Nouveau-Brunswick, Ottawa voudra-t-il en faire davantage? On peut en douter.

Brian Gallant semble vouloir se présenter lors des élections comme un père Noël attentif aux besoins de la population. Pour sa part, Blaine Higgs sera décrit comme un père Fouettard insensible.

Si tel est le cas, les électeurs des régions rurales seront attirés par le discours des libéraux sur la nécessité de maintenir le cap sur les dépenses en santé et en éducation alors que ceux des régions urbaines pourraient opter pour des compressions.