Je vous salue L. C. (2)

En rédigeant mon billet, la semaine dernière, je me pensais intarissable au sujet de l’œuvre de Leonard Cohen, décédé le 7 novembre. J’étais certaine d’en avoir pour au moins une, sinon deux autres colonnes.

Mais je suis obligée de constater que le départ de Cohen pour d’autres cieux me paraît déjà loin et (presque) hors de propos. Je n’en reviens pas de la vitesse à laquelle nous «consommons» les événements.

Avant que la cause du décès de Cohen ne soit publicisée, soit quelques jours après l’annonce de sa mort, des personnes ont eu le temps de se demander si l’artiste s’était «suicidé». Oh-la-la! Quel mot chargé!

N’y aurait-il pas un mot moins dur pour décrire la démarche d’un individu qui, arrivé au terme de sa vie, face à une déchéance qui n’ajoutera probablement rien de significatif au bagage déjà accumulé, choisirait d’abréger ses jours?

Ce geste ne demande-t-il pas du courage, n’est-il pas aussi une forme de sacrifice? Si c’est un incident survenu autour du décès de Cohen qui me fait aborder le sujet, je pense que l’évolution de notre société va rendre ce nouveau mot cruellement nécessaire.

Au bout du compte, on annoncera que Cohen est décédé paisiblement dans son sommeil après avoir fait une chute. On ne peut demander mieux.

Des listes de toutes sortes ont abondé dans la foulée des articles parus sur l’homme et son œuvre. Liste des grands succès, des meilleurs disques, des citations typiques du poète, dont on ne souligne pas suffisamment, à mon avis, le grand talent de mélodiste.

Que serait la liste de mes chansons préférées de Cohen? Beaucoup trop longue. Une chanson préférée sur chaque disque? Impossible d’en choisir si peu. Voici donc ma liste de chansons de Cohen que, pour diverses raisons, je n’arrive pas à aimer, que j’endure plus que je ne les aime: The Stranger Song, Bird on the Wire, Jazz Police, The Land of Plenty et Show me the Place. En m’efforçant, j’en trouverais peut-être, disons, deux ou trois autres. Amen. Alleluia.