Que faire avec la centrale électrique au charbon de Belledune?

BERNARD THÉRIAULT

Décriée à l’époque comme étant un acte de politicaillerie, la construction de la centrale électrique de Belledune aura été finalement le meilleur investissement de la société de la Couronne depuis la construction du barrage de Mactaquac dans les années 1960.

Entre vous et moi, Énergie NB n’est certainement pas reconnue pour sa capacité de prendre des décisions éclairées.

Rappelez-vous le fiasco de l’orimulsion, qui a coûté des centaines de millions de dollars aux contribuables de la province. Ajoutons à ceci la remise à jour de la centrale nucléaire de Pointe Lepreau et vous comprendrez peut-être un peu mieux pourquoi le gouvernement de Shawn Graham à un jour voulu s’en débarrasser!

Au risque de paraître partisan de façon outrancière, je rappellerai à nos fidèles lecteurs que ces deux scandales reposent sur les décisions d’un gouvernement conservateur dirigé par Bernard Lord.

Au risque de paraître répétitif, je vous dirai également que la centrale de Belledune fut construite par le gouvernement libéral de Frank McKenna et que, sans elle, le coût de notre électricité serait d’au moins 30% plus élevé aujourd’hui.

Seul problème avec Belledune, mes petits amis, c’est qu’elle carbure au charbon et que le charbon, ça pollue! En effet, Belledune est, avec la raffinerie Irving, les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre dans la province. Pour ce qui est de Belledune, c’est 2,5 millions de tonnes de gaz que nous envoyons dans le ciel chaque année. Il est presque normal que l’on doive arrêter la production d’électricité au charbon avec de telles statistiques.

Ce sont des événements hors de leur contrôle qui a permis à Énergie NB de capitaliser sur Belledune au cours des dernières années.

D’abord, une baisse du prix du charbon dépassant les 50% depuis 10 ans fait en sorte que les turbines de Belledune produisent l’électricité la moins chère de toutes les centrales du réseau, sauf peut-être l’hydroélectricité. Il faut reconnaître que Belledune – hormis ses émissions de gaz – est très productive et parmi les plus fiables en Amérique du Nord. On en annonce la fermeture mais dans 14 ans seulement, ce qui donne amplement le temps de se préparer.

Trois options se présentent à la société de la Couronne, car celle-ci n’a pas le choix puisqu’elle a besoin de cette électricité.

D’abord, elle peut aller sur le marché et acheter de l’électricité à bon marché, ce qui est risqué à long terme. Mais ce que le gouvernement voudra surement faire est de transformer Belledune avec de la biomasse ou encore avec du gaz naturel.

Ma préférence serait la biomasse, car nous en avons à satiété ici dans la province. Quant au gaz naturel, je ne fais aucunement confiance à Enbridge, qui est venu dans la province sous la promesse de livrer du gaz dans le Nord, ce qu’elle n’a jamais fait. Nous avions besoin du gaz pour sauver nos moulins à papier, mais hélas il est trop tard. Ne comptons pas sur Enbridge pour sauver notre peau, ils ne sont là que pour leur profit.

JEANNOT VOLPÉ

La province du N.-B. prévoit maintenant fermer prématurément la centrale électrique au charbon de Belledune afin de réduire davantage ses émissions de carbone. La centrale de Belledune est l’une des plus compétitives et produit une énergie fiable.

Alors que les sources d’énergie hydroélectrique, éolienne ou solaire sont intermittentes, celles au charbon est continue. Selon Énergie NB, cette fermeture pourrait produire une hausse significative des tarifs d’électricité d’environ 30% pour les consommateurs.

La ministre fédérale se fait rassurante et prévoit des octrois afin d’atténuer les effets négatifs. Mais d’où viendra l’argent pour ces octrois? De la taxe sur le carbone, bien sûr. En résumé, tout ce que vous consommez sera taxé une fois de plus afin de pouvoir donner des octrois sélectifs.

L’augmentation drastique du coût de l’électricité sera aussi compensée semble-t-il par une réduction de la consommation. Allez dire cela à ceux et celles avec un revenu fixe, qui réduisent déjà la température à l’intérieur de leurs demeures au strict minimum.

La Nouvelle-Écosse vient d’annoncer la mise en opération d’une turbine alimentée par les marées. Le coût de cette électricité est d’environ 900 fois plus élevé que le coût moyen de production actuelle. Une facture mensuelle de 200$ actuellement pourrait se rapprocher de 2000$ avec cette source d’énergie, mais elle est verte. Si cette énergie était utilisée pour faire fonctionner une petite voiture électrique, le coût par kilomètre serait  équivalent à celui d’un camion transport. Les verts vous diront que ce ne sera pas aussi pire que ça car le coût de cette source d’énergie sera réparti sur le réseau, et il y aura des octrois en provenance de la taxe Trudeau sur le carbone.

Alors que les États-Unis gèrent plus de 400 usines au charbon et la Chine des milliers, le N.-B. va fermer sa seule usine en production. Nos entreprises exportatrices ont déjà de la difficulté à compétitionner avec les tarifs actuels d’énergie. Là aussi, la ministre fédérale prévoit des octrois afin d’aider les entreprises. Par contre, M. Trump a déjà annoncé ne pas être en faveur d’une taxe sur le carbone et, de plus, il prévoit surveiller de très près les octrois aux entreprises qui exportent aux États-Unis.

Si quelqu’un demandait de leur donner quelques milliers de dollars afin de financer des projets verts, j’imagine facilement que la majorité de la population dirait que leur budget est déjà difficile à gérer. Alors, comment feront-ils lorsque le gouvernement les obligera à travers une taxe sur le carbone? Cette taxe réduira le revenu net disponible de quelques milliers de dollars par année et s’ajoutera aux autres augmentations de taxes récentes.

La fermeture prématurée de la centrale de Belledune sera néfaste pour la population locale, mais aura aussi pour toute la population du N.-B. Pourquoi cette décision, alors que nous avons déjà largement dépassé tous nos objectifs et largement fait notre part de réduction d’émissions atmosphériques?