Un juste milieu

Le moins que l’on puisse dire est que la nouvelle Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur ne lésine pas sur les moyens qu’elle prend afin de contrer la violence, surtout quand elle est gratuite. Comme dirait l’autre, elle n’y va pas «avec le dos de la main morte».

En à peine un mois d’activité, ce circuit a réussi à faire les grosses manchettes pour les mauvaises raisons trois fois. Faut le faire!

D’abord avec les Whoopers de Renous, dont le comportement disgracieux sur la patinoire leur a valu une expulsion manu militari après seulement trois rencontres.

Ensuite avec David Mitchell, des Ice Dogs de Néguac, lui aussi banni pour toute la saison à la suite d’un geste qui aurait pu avoir des conséquences tragiques pendant un match face aux Acadiens de Caraquet.

Enfin en servant un sévère avertissement à Sébastien Lanteigne, des Acadiens, considéré comme un agitateur. À la prochaine incartade, il subira les foudres du comité de discipline de la ligue du président René Savoie. Et ça pourrait encore frapper fort.

Le cas de Lanteigne est pour le moins particulier. Se définissant lui-même comme un joueur d’énergie, ses actions auraient été à l’origine de la réaction de Mitchell, qui aurait alors cherché à atteindre à plusieurs reprises la tête de son fougueux adversaire avec son bâton.

«Aurait» parce que la ligue a pris sa décision selon des témoignages et le rapport des arbitres. Ce sont assurément des sources fiables à n’en point douter, mais étonnamment, à l’ère des téléphones intelligents qui captent tout partout, aucune image de cet incident n’est disponible. Des images qui auraient pu établir la responsabilité de chacun des belligérants dans cette chicane.

Se disant victime d’une campagne de salissage de la part des Ice Dogs, la petite peste des Acadiens a pu constater la force des réseaux sociaux – qui multiplie par 1000 tout incident – en lisant plusieurs commentaires désobligeants, dont quelques-uns le menaçant de lui régler son compte prochainement sur la patinoire. Du bon Old Time hockey…

Parions qu’il va se tenir les fesses un peu plus serrées dans ses prochains matchs. En tous cas, il a tout intérêt de patiner la tête haute.

Si la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur désirait voguer sur un long fleuve tranquille en voulant présenter du hockey propre, sans goon, du hockey pour la famille, disons qu’elle vient de frapper ses premières grosses vagues à peine sortie du quai. De plein fouet à part ça!

D’abord, il faut féliciter les dirigeants de ce nouveau circuit et son comité de discipline qui n’ont pas eu peur de mettre leurs culottes dès les premiers incidents.

Les Whoopers cherchaient la bagarre et se présentaient à des matchs avec un alignement de gros bras? On leur a montré le chemin de la sortie sans niaiser avec le puck.

David Mitchell aurait pu blesser sérieusement un joueur en y allant de quelques moulinets avec son bâton? Bye Bye, mon pit. Don’t call us, we’ll call you.

Nous avons longtemps reproché à la Ligue de hockey senior Nord-Est d’être trop douce et d’attendre trop longtemps avant de taper sur les doigts de ses méchants garnements, ce qui a ensuite mené à une escalade de violence qui a fini par faire du tort à la crédibilité du circuit.

Là, nous avons une ligue qui établit dès le départ ses barèmes. Si vous jouez selon ses cadres, ça va bien aller. Sinon, attendez-vous à payer une note assez salée. C’est clair, net et précis.

Cependant, à la lumière des suspensions annoncées – et méritées, ça ne fait aucun doute -, nous pouvons nous poser cette question: qu’est-ce que ça va prendre pour un ou deux matchs de suspension? Un simple regard de travers?

En voulant s’attaquer immédiatement et sévèrement à cette violence gratuite qui fait partie, qu’on le veuille ou non, de l’ADN du hockey senior dans le nord-est de la province, la LHSAC a lancé un message clair qu’elle voulait se distancer de cette culture. Mais va-t-elle trop loin? Ne risque-t-elle pas d’aseptiser son hockey, un peu comme l’a fait la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec les conséquences qu’on connaît, c’est-à-dire une baisse importante des assistances?

Quiconque veut gérer du hockey senior doit aussi gérer ce qui va avec: du jeu viril, des joueurs d’énergie et quelques bonnes bagarres, qu’elles soient lancées dans le coeur de l’action ou arrangées. C’est ce qui attire les foules.

Mais entre le laxisme que nous avons si souvent reproché à la Ligue de hockey senior Nord-Est et la sévérité imposée par la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur, n’y a-t-il pas un juste milieu qu’on aurait intérêt à chercher à atteindre afin de ne pas dénaturer le produit et, surtout, garder les amateurs dans les arénas?

*****

C’est à se demander si l’organisation du Canadien de Montréal ne prend pas ses partisans pour des cruches…

Vous avez certainement entendu les publicités du Club 1909, mettant en vedette Brendan Gallagher, Alex Galchenyuk, Andrew Shaw et Alexander Radulov. Ces joueurs tentent de nous vendre un produit promotionnel du Tricolore en massacrant littéralement la langue française. Leurs propos sont totalement incompréhensibles. Bravo pour l’effort, mais zéro pour le résultat.

L’ex-RBO Yves P. Pelletier a d’ailleurs parodié ces publicités en reprenant son personnage de Wayne Gretzky. À voir absolument.

De grâce, enlevez-nous cette pollution de notre télévision! Les amateurs méritent mieux.

Autre coup de gueule: la présentation des joueurs invités au camp de sélection d’Équipe Canada junior, mercredi.

Pourquoi Hockey Canada a demandé aux joueurs francophones de prononcer leurs noms à la manière anglophone? Piwer-Louk Doubows, Niklaus Roye, Matthiou Joseph, Thamass Chebotte, Felipp Myers, from Moncton, New Brunswick… Franchement! Tant qu’à y être, pourquoi n’a-t-on pas demandé aux joueurs anglophones de prononcer leurs noms à la francophone?

Heureusement, l’entraîneur-chef Dominique Ducharme a fait son intervention exclusivement en français. Parions que ça devait taper du pied et siffler entre les dents dans les hautes sphères de Hockey Canada.

Je vous dis que des fois…