Le problème, quand on œuvre depuis des dizaines d’années dans le monde de la francophonie canadienne, c’est qu’on voit les mêmes problèmes ressurgir de temps à autre (ce qui, en soi, est déjà démoralisant!) et de nouvelles personnes monter aux barricades pour s’insurger avec vigueur et sans recul.

La crise actuelle dans la francophonie de Terre-Neuve-et-Labrador se porte, une fois encore, sur le journal Le Gaboteur. Créé il y a plus de trente ans, le voici encore une fois traîné dans la boue et pour les mêmes raisons: il ne représente pas assez les intérêts de «la communauté»; il est trop critique à l’endroit des organismes francophones, voire biaisé.

Oui, ce journal – comme tous les autres journaux de ce genre en francophonie canadienne d’ailleurs – a bel et bien été créé par les organismes communautaires, mais cela ne signifie pas qu’il est à leur service, à moins que la communauté ne souhaite un journal semblable à la Pravda, créé par les dirigeants de l’Union soviétique comme organe de promotion.

En donnant au Gaboteur le titre de «Journal» plutôt que de «bulletin d’information», les organismes lui ont donné une liberté de penser, de questionner qu’ils ne peuvent maintenant songer à lui enlever sous prétexte que le journal ne dit pas ce qu’eux pensent.

J’ai été la première journaliste de Radio-Canada à Terre-Neuve-et-Labrador au moment où la question de la gestion des écoles par le tout nouveau Conseil scolaire provincial faisait débat et je me souviens que mes questions dérangeaient beaucoup. Tellement, que quelques personnes bien placées au sein de la communauté avaient jugé bon de téléphoner au directeur de la salle rédaction de Moncton pour s’en plaindre: «Elle fait son travail, comme son poste l’exige» avait-il répondu, d’un ton catégorique.

Le Gaboteur, lui aussi, fait son travail. Quant à savoir si la directrice du journal n’a pas respecté l’éthique journalistique, comme le prétendent les dirigeants de certains organismes, ce n’est pas à la communauté de trancher cette question, mais à l’Association de la presse francophone ou à ses pairs journalistes. Peut-être faudrait-il commencer par là.

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