Moncton, à la mesure de ses trottoirs

Des fois, j’ai des moments qui me rappellent que je suis encore dans ma première année dans la ville de Moncton. Apparemment il faut être nouvelle ou naïve pour être surprise de la condition abominable dans laquelle cette ville laisse ses trottoirs l’hiver.

Plusieurs jours après la neige, les routes sont noires, sèches, et pleines d’automobilistes qui carburent joyeusement leurs vies à l’abri des éléments. Sur les trottoirs irrégulièrement ou pas déneigés, la situation se déteriore à chaque jour où le soleil fond la neige qui se regèle la nuit.

Une mère essaye de faire avancer sa poussette sur le coin Church et Mountain, mais il y a une montagne de glace et de neige compactée. Je l’aide à gravir cet obstacle alors que les voitures passent sans soucis autour de nous. Elle opte finalement de pousser son enfant dans la rue, délaissant le trottoir, impossible à utiliser. Je la regarde partir en espérant qu’elle ne surprendra pas une automobile par sa présence, et qu’elle aura raison d’être mieux dans la rue que sur le trottoir.

J’étais tellement naïve. Moncton a la réputation, même à Halifax, d’être une ville où il neige beaucoup et où cette neige “reste”. Moncton essaye de se promouvoir comme une ville qui a le calibre d’accueillir des événements mondiaux. Moncton, une belle ville pour aller étudier, et juste assez petite pour marcher partout. J’étais conne assez pour présumer que Moncton savait comment gérer ses trottoirs, et le ferait.

La condition des trottoirs est inacceptable, point final. Les piétons de cette ville sont ceux qui ne peuvent pas se payer une voiture. Ils ne contribuent pas à l’effet de serre, au problème de stationnement, ni à la circulation à l’heure de pointe. Et pourtant, on nous laisse des trottoirs qui démontrent clairement que Moncton n’est pas une ville qui essaie de traiter ses citoyens avec respect.

Si Moncton veut continuer de se mettre de l’avant comme destination événementielle internationale, il va falloir qu’elle change ses façons d’opérer dans la saison basse.

Après tout, on mesure une vraie ville à la qualité de ses trottoirs.