Les réflexions de Donat Lacroix

Peu avant Noël, j’ai eu le privilège de jaser de sport pendant plus d’une heure avec l’auteur-compositeur-interprète Donat Lacroix. Vous avez d’ailleurs eu l’occasion de lire le fruit de cet entretien, dans le cadre d’entrevues mettant en vedette d’ex-hockeyeurs de bon niveau qui sont ensuite devenus des artistes réputés. Six rendez-vous que j’ai d’ailleurs adoré.

Sauf qu’avec l’interprète de Viens voir l’Acadie et Jos Frédric, ç’a quelque peu débordé. Quelques minutes après la fin de notre conversation, M. Lacroix m’a rappelé afin de me parler de notre sport national sur la scène locale.

Malheureusement, comme ça ne cadrait pas vraiment avec l’idée des entrevues, rien de cette deuxième causette ne figure dans ce qui a été publié dans l’édition de vendredi matin.

Ce n’était toutefois que partie remise. Rapidement, j’ai eu le sentiment qu’il me fallait offrir à M. Lacroix une deuxième tribune et c’est alors que j’ai pensé à cette chronique.

Je me doute bien que les paroles de M. Lacroix ne fera pas l’affaire de toute le monde. Il n’y est pas toujours tendre envers ses concitoyens. Mais si on prend la peine de mesurer la teneur de ses propos, on ne peut que noter une noble sagesse, particulièrement dans la deuxième partie du texte.

Donat Lacroix m’a d’abord parlé du hockey senior, un niveau de jeu qu’il a délaissé depuis plusieurs années en raison des actes de violence.

«Enfin, ils ont décidé d’éliminer les bagarreurs, ces gars qui laissent tomber les gants aussitôt la rondelle mise en jeu. Tu ne voyais pas ça ces choses-là quand je jouais au hockey. Je me souviens d’avoir dit, il y a plusieurs années: “Si c’est ça le hockey, tu ne me verras plus ici!” Il y a plusieurs personnes qui pensaient comme moi. Je n’y suis plus retourné ensuite. Mais là, ils ont fait le nettoyage et ça me tente de retourner voir. Je crois qu’ils viennent de gagner un nouveau partisan», m’a-t-il raconté.

La discussion a ensuite dévié sur le tournoi des familles de Caraquet. Ce bientôt octogénaire – il aura 80 ans en mai -, toujours droit comme une barre, est d’avis que le temps est venu de remodeler cet événement afin de lui donner une véritable vocation familiale.

«Ça m’a toujours dérangé de voir que certaines familles ne puissent y participer parce qu’elles n’ont pas assez de joueurs pour former une équipe. Je pense à des familles comme les Arseneault, les LeBlanc ou même la mienne, les Lacroix. Pourquoi ne pas réunir toutes les petites familles dans une ou deux équipes?», m’a-t-il raconté.

«Les organisateurs écartent une partie de la population locale pour les mauvaises raisons. L’esprit du sport n’est-il pas de participer et de s’amuser? Ce tournoi devrait être une célébration selon moi, pas un événement qui écarte des gens à cause de l’égo de certaines familles», a-t-il ajouté.

En terminant, j’ai reçu ce sympathique courriel de Marcel Arseneau, de Campbellton.Il est de la même génération que Donat Lacroix. Avec son accord, j’ai pensé vous partager ce qu’il m’a envoyé.

«J’ai bien aimé le texte au sujet de Donat Lacroix. Je ne savais pas qu’il avait eu toute une carrière au hockey. Je me rappelle toutefois de la rivalité entre l’Université Sacré-Coeur de Bathurst et l’Université Saint-Joseph de Memramcook. J’étais à Saint-Joseph dans le temps. Pas comme joueur de hockey, mais comme étudiant. Et les matchs entre les deux collèges soulevaient les passions. Et comme l’a si bien dit M. Lacroix, la promesse d’un grand congé fouettait nos ardeurs, tout autant à Bathurst qu’à Memramcook. Aujourd’hui, les jeunes ne se scandalisent même plus de prendre une semaine de congé pour aller à la chasse à l’orignal.»