Le défi de la concertation entre les ministères

Le gouvernement Gallant se lance dans un autre processus de consultations, cette fois, avec l’objectif de produire un plan pour les familles. Mercredi, le premier ministre a annoncé un processus qui permettra l’élaboration de ce plan. Il a, par la même occasion, présenté un document-cadre qui indique sept principaux domaines d’interventions.

On le sait, les défis sont nombreux au Nouveau-Brunswick à tous les égards. Dans ce contexte, avoir un plan pour les familles est central. La famille est le noyau de la société. Dans beaucoup de cas, c’est elle qui accueille la vie, la fait grandir, lui permet de s’épanouir et qui lui dit au revoir.

Le plan entend donc agir dans sept domaines fondamentaux: les soins primaires et de courte durée; le mieux-être; le soutien aux personnes ayant des troubles de santé mentale; le vieillissement et la santé des aînés, l’égalité des femmes; la réduction de la pauvreté; et le soutien aux personnes ayant un handicap.

Le document présenté mercredi insiste dès la première page sur le fait que ce plan, ainsi que celui sur la croissance économique et le plan éducatif de 10 ans sont interreliés. Le rapport est clair: «chaque plan est important en soi, mais chacun ne peut réussir sans les deux autres».

Le plan pour les familles m’interpelle comme parent. Et, avec ce regard, je suis surpris qu’on n’y trouve pas de pistes de réflexion pour augmenter le taux de natalité. Le document laisse l’impression qu’on a abandonné sur ce point, ou qu’il n’y a rien qui puisse être fait en ce sens.

Les indications pour augmenter la population proviennent du plan de croissance économique présenté en septembre 2016. On y apprend qu’il faut trouver des façons de garder les Néo-brunswickois dans la province, ramener ceux qui l’ont quittée et attirer des nouveaux Canadiens. Rien, là non plus, pour redresser la situation de la natalité.

Pourtant, il existe beaucoup de solutions en ce sens en commençant par des services de garde abordables et universels. Reste à voir si les consultations mèneront à l’identification de mesures concrètes!

Quand j’analyse le plan pour les familles sous l’angle de l’éducation, je suis déçu de constater que les liens avec le plan éducatif sont rares ou complètement absents. Quand on parle de prévention en matière de maladies chroniques ou de la promotion d’habitudes de vie saine et active, il est question d’éducation.

Quand on parle de soutien aux personnes ayant des troubles de santé mentale ou de progrès dans l’égalité des femmes, il est question d’éducation. Ça l’est autant quand on souhaite que les communautés adoptent des approches d’inclusion sociale qui favorisent la lutte contre la pauvreté ou l’insertion dans la vie active de personnes ayant un handicap.

Comment les ministères voués au développement social, le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, les districts scolaires et les écoles peuvent-ils collaborer pour atteindre leurs objectifs communs?

Le Nouveau-Brunswick rencontre de nombreux défis, mais son plus grand atout pour les relever comme province, c’est sa taille et la proximité qu’elle implique. Il est nettement plus facile ici d’établir des collaborations entre les différents ministères, programmes et services gouvernementaux. Il y a sans doute des dédoublements de services qui pourraient être éliminés. Mais, on pourrait atteindre une plus grande efficacité en travaillant d’une manière plus concertée.

Au moins, la volonté de briser les silos est affirmée. Reste à voir comment cette volonté va se traduire dans la mise en œuvre de tous ces plans.