Au revoir Jean-Guy

Je me demandais bien quel sujet allait alimenter ma chronique cette semaine lorsque la triste nouvelle est tombée: Jean-Guy Rioux, un de nos plus grands Acadiens, un de nos plus actifs, n’est plus. Je ne suis pas seulement attristée, je suis bouleversée.

Des gens comme lui, il y en a peu: il était là quand je suis «entrée en francophonie» dans les années 1970 et il y était encore jusqu’à tout récemment. Dans notre Acadie et dans la Francophonie en général, Jean-Guy a tout fait, occupé toutes les fonctions, œuvré au sein de toutes les batailles. Je l’ai mieux connu lorsqu’il était à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, puis lors de sa présidence de la Fédération des communautés francophone et acadienne, une fonction difficile marquée par le grand chantier de réorientation de toute la francophonie canadienne. Puis ce fut la présidence du Congrès mondial acadien de 2009, un défi relevé haut la main et, là encore, ce n’était gagné d’avance. Il tirait de toutes ces expériences une profonde connaissance de notre milieu, parfois si divisé, des écueils parsemés sur la route des uns et autres et il n’était ni avare de conseils, ni réticent à donner son opinion.

Plus récemment, à l’heure où tant de gens, même les plus engagés, choisissent de se reposer, il avait décidé de s’impliquer de nouveau dans le domaine de l’éducation en devenant Président du conseil scolaire du Nord-Est, ce qui n’était sans doute pas de tout repos.

C’est que dans la famille Rioux, la francophonie, les droits individuels, ça a toujours été du sérieux. Que ce soit durant leur séjour en Afrique au titre de la coopération, à Ottawa pour la cause des femmes dans le cas de Paulette, son épouse, ou en Nouvelle-Écosse au service de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse pour Marie-Claude, sa fille, l’essentiel chez eux c’est de s’engager et de servir.

Elles ne sont pas nombreuses les familles acadiennes où cette notion de service est enseignée dès le plus jeune âge et où elle prime sur tout le reste. Merci Jean-Guy, et à Paulette et Marie-Claude… courage!