Le talon d’Achille de Higgs

Blaine Higgs est comme un poisson dans l’eau lorsqu’on lui parle de deniers publics, d’impôts, de taxes et de gestion. C’est son terrain de jeux et il y est très à l’aise.

Ce n’est pas pour rien qu’il a survécu aux remaniements de David Alward et qu’il est demeuré responsable de l’épineux dossier des finances de 2010 à 2014.

Comme on l’a constaté la semaine dernière en discutant avec lui pendant près de deux heures en rencontre éditoriale, Blaine Higgs le chef n’est pas très différent de Blaine Higgs le ministre des Finances.

Son message central est simple: le gouvernement doit offrir de meilleurs services, en demander moins aux contribuables et cesser de dépenser de l’argent à gauche et à droite sans raison valable.

Cette approche comptable a été la clé de son succès en politique provinciale jusqu’à maintenant.

Mais Blaine Higgs est aujourd’hui le chef des progressistes conservateurs. Il a un rôle tout à fait différent et doit inspirer les citoyens s’il veut espérer tasser Brian Gallant en 2018.

Le hic, c’est que cette façon de voir le monde, qui lui a été si utile au cours des années, l’amène parfois à négliger la dimension humaine de la gouvernance.

Les données sont importantes et doivent être prises en compte par les élus, mais il n’y a pas que cela qui compte.

Derrière chaque chiffre se trouve un citoyen, derrière chaque ligne dans un budget se cache une histoire.

Les politiciens les plus habiles le savent et se servent de tout cela pour connecter avec les électeurs.

Blaine Higgs fait face à un rival qui n’a pas beaucoup d’experience et qui est moins calé que lui en finances publiques. Il le sait et mise sans cesse sur cette force.

Mais il ne doit pas oublier que Brian Gallant a un as dans sa manche, et pas n’importe lequel: il sait faire appel aux émotions et aller au-delà des chiffres. Cela vaut beaucoup sur le terrain, près des gens.

Blaine Higgs se retrouvera bien mal pris au cours des prochains mois s’il ne complète pas son pivot du rôle de ministre des Finances à celui de leader. Cela pourrait vite devenir son talon d’Achille.