Une princesse dans votre salon

Saviez-vous que c’est possible d’avoir une danse de la princesse Leia sur la chanson de votre choix?

C’est la récompense offerte pour une contribution de 100$ ou plus à la campagne Indiegogo de la cinéaste Emmanuelle Landry pour le sous-titrage et la distribution de son film, Antoine et Alexeï, qui a joué à la soirée de clôture du dernier FICFA.

On ne peut que se réjouir de voir la passion et l’enthousiasme de cette cinéaste se transformer dans une campagne aussi dynamique et imaginative qu’elle.

Une des choses qui rend cette approche intéressante, c’est que nous pouvons y participer directement. En permettant aux individus de mettre leurs dollars collectifs dans les projets qui les interpellent, ça ouvre une porte vers un monde où l’investissement social n’est plus sous le contrôle de politiciens, et où la philanthropie n’est pas réservée aux riches et aux entreprises.

Le pouvoir de la piasse est, pour une fois, à nous.

Il faut, par contre, se demander si nous voulons être une société où les artistes se trouvent à quémander publiquement les moyens de faire vivre leurs projets. Il y a peu de fonds publics dédiés à l’appui artistique, et ceux qui existent semblent peu accessibles de la perspective de l’artiste. Le temps de remplir un seul formulaire de demande, on aurait pu créer et promouvoir plusieurs campagnes de financement participatif (crowdfunding), avec une meilleure chance de recevoir des sous.

Ce ne sont pas toutes les campagnes de crowdfunding qui sont aussi ensoleillées que celle d’Emmanuelle. Aux États-Unis il est commun, sur les plateformes de financement qui le permettent, de voir des collectes de fonds payer pour des avortements, non couverts par l’assurance maladie et nécessitant plusieurs jours de voyage. Imaginez la détresse qui mène à faire ces campagnes-là.

Si le crowdfunding est une méthode inspirante de résistance économique qui nous permet de combler les lacunes financières de la société dans laquelle on vit, il ne règle pas pour autant les enjeux systémiques qui créent ces besoins.

Chaque campagne publique est une chance d’aider quelqu’un, de réfléchir à ce qu’il faut améliorer dans notre société, et, occasionnellement, de rencontrer la princesse Leia.