Cardy chez les bleus

C’est fait, Dominic Cardy a plongé. Il s’est joint au Parti progressiste-conservateur.

C’est une prise de choix pour Blaine Higgs. Et pas nécessairement pour les raisons les plus évidentes.

Il est vrai que le transfuge est relativement jeune, qu’il vient d’un parti de gauche, qu’il a de l’expérience sur le terrain et qu’il jouit d’une bonne notoriété.

Mais Dominic Cardy est aussi un bolé de politiques publiques. Lorsqu’il parle de programmes et de politiques, il sait habituellement de quoi il parle. De telles personnes ne courent pas les rues au Nouveau-Brunswick.

On peut être d’accord ou pas avec lui, on peut remettre en question ses idées, mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas maîtriser ses dossiers et de ne pas comprendre (c’est le mot clé) les conséquences concrètes des actions du gouvernement, ainsi que leurs effets sur la population.

En entrevue et lorsqu’il s’adresse à une foule, il sait aller au-delà des chiffres et parler simplement des changements qu’il veut apporter ou des politiques qu’il veut mettre en oeuvre.

Pour Blaine Higgs, cela vaut de l’or.

Comme je le disais la semaine dernière dans ma chronique, j’ai l’impression que son approche très (parfois trop) comptable pourrait vite devenir son talon d’Achille et lui coûter cher face à Brian Gallant.

Actif en coulisses, dans les entrailles du parti, Dominic Cardy va pouvoir l’aider à simplifier son message et à toucher les gens. Même s’il résiste à l’envie de se présenter en 2018 (ce qui me surprendrait), il sera d’une aide précieuse à son chef.

Répéter froidement que le gouvernement vit au-dessus de ses moyens plait peut-être aux militants progressistes-conservateurs. Mais Blaine Higgs devra ajouter des cordes à son arc s’il veut élargir sa base.

Maintenant que Dominic Cardy est à ses côtés, il ne serait pas surprenant de le voir humaniser son discours, de le voir faire appel à des images qui touchent davantage les gens.

Le nouveau venu est peut-être une recrue, mais il n’arrive pas les mains vides.