Une chronique qui n’en est pas une

Être chroniqueuse hebdomadaire, c’est «weird» parfois.

C’est un peu comme être une machine étrange. Les choses que je vois et que j’entends autour de moi et dans le monde passent dans les rouages de mon cerveau, faisant plusieurs fois le tour pour finalement devenir des idées. Sous la pression de l’heure de tombée, ces idées voyagent dans ma bibliothèque mentale pour choisir des mots qui les représenteront, et seront finalement organisé en paragraphes sur les pages blanches de mon ordinateur portatif et, plus tard, de votre journal.

Des fois, la machine s’arrête. Parfois ça manque de matériel à transformer, parfois les mots sont moches et parfois je manque de «pouvoir» pour faire marcher tout ça.

Cette semaine, j’en avais une pas pire pour vous. Une affaire semi-légère sur la mosaïque de l’identité acadienne, que j’écrirai sûrement un jour. Mais, étant donné qu’une bonne partie de cette province et du lectorat de l’Acadie Nouvelle est encore sous la glace et que l’armée elle-même arrive pour les secourir, ça ne me semblait plus très approprié, mes histoires.

Comme raconter des jokes juste après un attentat terroriste?

Et là, il y a eu un attentat terroriste.

En voyant ce matin que la ville de Québec s’était réveillée en découvrant une mosquée pleine du sang des victimes qui s’étaient fait tirer dessus par la haine, la machine s’est arrêtée. Trop de matériel essaye d’y passer à la fois, et je ne sais plus trop quoi dire.

J’aurais voulu avoir la sagesse de vous sortir quelque chose d’inspirant face à ce monde dégueulasse. J’aurais voulu vous appeler à agir d’une façon qui pourrait aider la situation. J’aurais voulu avoir le courage de vous distraire, en écrivant ladite chronique semi-légère. Mais la machine ne semble plus avoir de courant, peut-être en solidarité avec la Péninsule acadienne.

La seule conclusion que je peux trouver à cette pas-vraiment-une-chronique, c’est que vous êtes «overwhelmed» par ce qui se passe, vous n’êtes pas seuls. Essayons de ne pas nous soumettre à la tentation de nous fermer les yeux et aller nous réfugier dans nos Netflix, et espérons que nos machines respectives se remettent en marche bientôt.