Quand tout s’effondre, il faut quand même garder espoir

Ce n’est pas facile d’écrire une chronique dans un contexte bouleversant comme celui dans lequel on se retrouve actuellement. Il y a la crise du verglas sur la côte Est du Nouveau-Brunswick et qui n’en finit plus, particulièrement dans la Péninsule Acadienne. Il y a le massacre dans une mosquée de Québec qui bouscule nos certitudes de sécurité. Il y a aussi les nouvelles provenant des États-Unis dont le président multiplie les décrets tous plus controversés les uns que les autres.

Devant tous ces évènements qui génèrent autant d’incertitudes, difficile, donc, de penser à l’éducation. J’ose à peine m’imaginer ce que ça doit être de vivre dans ces régions du monde où la violence de la guerre, les attentats et les conflits armés font partie du quotidien. L’éducation des enfants et des jeunes constitue néanmoins une oasis d’espoir dans le désert de la barbarie.

Sauf qu’après un certain temps, quand la violence détruit la nuit ce que l’éducation a construit le jour, il faut de l’entêtement et de la persévérance pour continuer sans se décourager.

J’ai écrit à la suite de l’enlèvement de 276 jeunes filles nigériennes par le groupe armé Boko Haram, à la suite de Charlie Hebdo, à la suite de l’attentat au Bataclan et au Stade de France à Paris, à la suite de la fusillade au Parlement d’Ottawa et de l’attentat contre des militaires à Saint-Jean-sur-le-Richelieu… tout ça depuis moins de trois ans.

Et pourtant, malgré toutes les mesures de sécurité, malgré tous les millions investis dans l’armée et les corps policiers, la solution, la seule qui soit durable, c’est l’éducation. La seule. Tout le reste n’est que des pansements provisoires.

Contre la haine, le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme, la xénophobie, l’intolérance, le rejet de la différence, la peur de l’autre, le mal de l’être, l’intégrisme, le fanatisme, la perte de sens, l’incompétence, la violence, l’ignorance, l’intimidation, il y a l’éducation.

Éduquer est la plus grande marque de foi en l’humain qui existe. Qui vit d’espoir, éduque. Encore faut-il reconnaître ce qu’est l’éducation. Je l’ai souvent écrit. Je l’écrirai encore. Éduquer, ce n’est pas endoctriner à une quelconque idéologie. Ce n’est pas restreindre l’enfant à une conception prédéfinie de l’humain.

Éduquer, c’est développer le potentiel. En fait, c’est plus que ça. C’est permettre à l’enfant de repousser les limites de son potentiel. On n’est pas seulement dans l’action, mais dans la création pour faire face aux deux plus grands défis qu’il nous est donné de surmonter: la paix intérieure et la paix entre les humains. L’équilibre, diraient certains. La justice, diraient d’autres.

Quand je lis les documents officiels et quand j’entends les discours de nos élus (d’ici et d’ailleurs) qui réduisent la fonction de l’éducation publique à la seule préparation au marché de l’emploi, je me dis qu’ils ne sont pas assez exigeants. Je me dis que comme société, on passe à côté de l’essentiel.

Que ce soit à cause de désastres naturels ou de désastres humains, que ce soit des drames collectifs ou des drames personnels, ces états de crises montrent qu’on doit apprendre à vivre ensemble. Nous avons le devoir de préparer nos enfants à s’unir en leur apprenant à trouver ensemble des solutions créatives aux défis que nous-mêmes ne parvenons pas à surmonter.

Faisons preuve de courage. Concentrons-nous sur l’essentiel. Investissons dans un avenir meilleur. Apprenons à nous ouvrir à la diversité qui nous donne de multiples occasions de grandir, d’aller plus loin.