Imaginez si c’était du hockey…

Je ne sais pas si c’est en raison de la fatigue causée par la crise du verglas – perte de l’électricité, dommages à la maison, obligé de déménager à la chaleur quelques jours, monter un dossier d’assurance, etc. -, mais je me sens un peu à fleur de peau ce matin. Grrrrrr!

Depuis une dizaine de jours, notre quotidien a été totalement chamboulé dans la Péninsule acadienne en raison de cette tempête dont à peu près personne n’avait prévu l’intensité (en tous cas, pas le toit de ma maison et le plafond de ma cuisine!). Je suis de tout coeur avec ceux et celles qui n’ont pas encore retrouvé la magie de l’électricité dans leur demeure et qui doivent encore se débrouiller avec les moyens du bord dans ces nuits de plus en plus froides. Bon courage. Vivement que les monteurs de lignes électriques, nos héros, viennent à votre secours.

Cette crise n’aide certainement pas à l’humeur de toutes les communautés acadiennes ébranlées par cette catastrophe. On le sent: les gens sont royalement tannés qu’on leur parle de la crise du verglas. Ils ont hâte de passer à autre chose.

Comme on dirait dans les tribunes téléphoniques, «on passe à un autre appel!»

Heureusement, il nous arrive de retrouver le sourire devant les belles histoires que la vie nous propose depuis cette fameuse nuit du 24 au 25 janvier.

L’une des plus belles est assurément celle de l’Attack de l’Atlantique, cette équipe féminine de la Ligue nationale de ringuette.

Après quelques années de vaches maigres, qui ont néanmoins servi à monter un programme solide, l’Attack sème la terreur des autres formations du circuit canadien pour une deuxième saison consécutive.

En 2015-2016, menée par la fabuleuse marqueuse Martine Caissie, la formation de l’Atlantique a flirté avec le premier rang de la ligue pendant plusieurs semaines, avant de malheureusement connaître une fâcheuse contre-performance au championnat canadien, présenté à London, en Ontario. Qu’à cela ne tienne, l’organisation a eu droit aux honneurs pour son travail acharné à faire de la ringuette un sport majeur en Atlantique.

Mais dans le sport, ne dit-on pas qu’il faut apprendre à perdre avant d’apprendre à gagner?

Ce revers de fortune a certainement eu pour effet de galvaniser les filles de l’entraîneur-chef Gilles Proulx pour cette saison. En fin de semaine dernière, l’Attack a assurément connu son moment de gloire – le premier de plusieurs qui suivront, nous l’espérons – quand il a vaincu le Mission de Montréal à deux reprises pour s’assurer non seulement du championnat de la division Blanche – mettant un terme à la domination de huit saisons du Mission -, mais aussi – et surtout – obtenir un laissez-passer direct pour le championnat canadien, du 27 mars au 1er avril à Leduc, en Alberta.

Bravo!

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En fait, il ne faudrait peut-être pas se surprendre de cet exploit, puisqu’à la mi-janvier, la formation qui comprend des joueuses de la trempe des soeurs Britney et Jessica Snowdon, l’ancienne Aigle Bleue Kaithlyn Gallaway, Josée Doiron, les soeurs Joëlle et Miguelle Proulx, Dominik LeBlanc, les gardiennes Karine Doiron et Nathalie Poirier et plusieurs autres patineuses de fort calibre a grimpé au premier rang du huit d’élite de la Ligue nationale de ringuette.

Tout ça, est-il nécessaire de le rappeler, avec un calendrier exténuant, compte tenu de la position géographique de l’équipe. Les filles ont dû survivre à trois séries de quatre matchs en moins de 30 heures, de même que deux autres de trois duels en moins de 24 heures.

Grâce aux succès de l’Attack et de l’Équipe du Nouveau-Brunswick qui a enlevé avec brio une médaille de bronze aux Jeux d’hiver du Canada de 2015, la ringuette est en train de se (re)faire un nom en Acadie et au Nouveau-Brunswick. C’est de moins en moins ce sport que l’on pratique en attendant de jouer au hockey. Les jeunes filles qui goûtent au bâton sans palette et au beignet bleu dans nos arénas régionaux peuvent maintenant espérer un avenir dans ce sport de compétition.

Et il est fort à parier que les organisations locales recevront les retombées positives de ces accomplissements, si ce n’est déjà fait.

Oui, la ringuette sort de l’ombre grâce à l’Attack, qui rêve d’un podium à Leduc. Ce serait en effet extraordinaire. Et pleinement mérité.

Imaginez seulement si c’était du hockey…

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Parlant de hockey, que pensez-vous de la liste des 100 meilleurs joueurs de l’histoire de la Ligue nationale de hockey, dévoilée pendant le week-end du match des étoiles à Los Angeles?

Personnellement, je trouve que c’est une bonne idée de ne pas les avoir placés en ordre. Parce que chacun a droit à son opinion quand il vient le temps de savoir qui a été le plus grand.

Wayne Gretzky, qui a réécrit la section offensive du livre des records de la LNH et dont bon nombre de ses marques ne seront probablement jamais battues? Mario Lemieux, qui pouvait déjouer tout le monde trois fois avec sa force physique phénoménale avant de signer une pièce d’anthologie en déjouant le gardien? Bobby Orr, qui a réinventé la façon moderne de jouer à la défense comme l’avait fait Doug Harvey 20 ans plus tôt? Gordie Howe, qui savait imposer le respect sur la patinoire avec ses buts et ses coudes? Maurice Richard, dont les yeux de feu ont alimenté tellement de légendes?

Et chez les gardiens, que dire de Martin Brodeur ou de Patrick Roy? Sans oublier les Johnny Bauer et Terry Sawchuck? Et Jacques Plante, qui a su briller devant le filet et qui a changé le sport en portant un masque protecteur après s’être fait défigurer le visage par un lancer frappé d’Andy Bathgate, des Rangers de New York?

Vos choix sont aussi bons que les miens.

Une chose est cependant certaine: ces joueurs ont fait du hockey ce qu’il est aujourd’hui, avec ses qualités et ses défauts. Un sport qui nous passionne dès la mise en jeu du premier match de la saison en octobre jusqu’au moment où un valeureux capitaine met la main sur la coupe Stanley, en juin.

Imaginez seulement si c’était de la ringuette…