Face-à-face – Donald Trump: pour le meilleur ou pour le pire

BERNARD THÉRIAULT

Si je vous disais qu’il y a trop d’immigrants, que ceux-ci volent nos emplois et que tous les bons emplois ont quitté le pays, vous penseriez immédiatement aux diatribes caustiques de Donald Trump.

Mais si je vous dis que ces discours négatifs, antimondialistes et totalement dépourvus d’empathie pour la misère humaine circulent librement dans tous les Tim Hortons du Nouveau-Brunswick et qu’il suffit qu’un seul individu fort en gueule l’ouvre pour que, rapidement, la foule acquiesce à ses propos, vous me croiriez facilement!

Demeurons vigilants, car un tel mouvement pourrait facilement s’implanter au Canada. Déjà on s’aperçoit que, dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada, certains candidats ont flirté avec la recette utilisée par Donald Trump. Méfions-nous des sauveurs égocentriques qui sont devenus célèbres par le biais de la télé-réalité.

Ce que je veux vous dire ici, c’est que Donald Trump n’a rien inventé. Il ne fait qu’utiliser une stratégie qui met l’accent sur un discours rejoignant les préoccupations d’une partie ciblée de la population.

En articulant un tel discours, il ne rate pas une occasion de trouver des coupables pour tous les problèmes. Donald Trump n’a pas peur de dire des faussetés et il a encore moins peur d’accuser tous les politiciens, sans exception, d’être des bandits. Le nouveau président utilise une rhétorique basée sur la peur, le mensonge et le besoin de dénoncer l’autre comme le responsable ultime de tous ses problèmes. En fait, plus Donald Trump dit de conneries et plus celles-ci semblent être acceptées. On pensait que l’accession au pouvoir le calmerait un peu, mais c’est plutôt le contraire. Il tire sur tout ce qui bouge et il réussit à créer une diversion à chaque fois où on le croit acculé au pied du mur. Ce qui m’a surpris, c‘est que personne ne semblait en mesure de tenir tête à Donald Trump jusqu’à ce que le président mexicain décide d’annuler sa rencontre avec lui. Encore là, il a fait mine de rien et il est passé à autre chose.

Notre gouvernement canadien a, dans un premier temps, bien réagi à l’élection de Donald Trump en mettant sur pied un cabinet capable de tenir tête à ce nouveau président, mais plus ça va et plus ça paraît inquiétant pour nous. Justin Trudeau devra-t-il utiliser la diplomatie ou, au contraire, devra-t-il frapper sur l’intrus à bras raccourci?

Le Canada en général et plus particulièrement le Nouveau-Brunswick a beaucoup à perdre dans ce bras de fer avec nos voisins du Sud. D’abord, il nous est permis de nous demander si la construction éventuelle de l’oléoduc Keystone ne sonne pas le glas du projet d’oléoduc Énergie Est. Sans compter que la réouverture de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) n’augure rien de bon en ce qui concerne le dossier du bois d’œuvre. Compte tenu de sa géographie et de son économie, le Nouveau-Brunswick a beaucoup à perdre d’un amenuisement des échanges avec les États-Unis. Peut-être Percy Mockler a-t-il raison quand il suggère au Nouveau-Brunswick de se coller sur un grand ami de Donald Trump, le gouverneur du Maine, Paul LePage. Dans ce dossier, plus on avance plus ça sent mauvais!

 

RINO VOLPÉ

Donald Trump a été élu président des États-Unis à la suite d’un processus démocratique où tous les citoyens ont eu l’occasion de faire un choix, tout comme pour l’élection de Justin Trudeau.

M. Trump a été le choix de 46,2% des électeurs et M Trudeau a reçu 39,5% d’appui. Alors pourquoi tout ce cirque médiatique qui conteste le choix des électeurs américains, mais pas celui des Canadiens? Il est évident que les médias sociaux, utilisés par M. Trump afin de parler à la population, ont eu raison des médias socialistes dirigés par les élites qui veulent gouverner sans être élu.

Plusieurs experts en communication croient même que les attaques des médias socialistes contre M. Trump ont été une des raisons qui l’ont conduit au poste de président des États-Unis. La façon peu orthodoxe de M. Trump d’envoyer ses messages lui-même sur Twitter élimine les possibilités d’interprétation des médias socialistes.

M. Trump a dit lui-même publiquement ce qu’il voulait faire s’il était élu président et la population lui a fait confiance. Les messages populistes avaient un dénominateur commun, soit les États-Unis d’abord.

Son message clair et sans équivoque a été entendu et compris par les entreprises américaines faisant affaire à l’extérieur du pays. Certaines ont déjà annoncé que des investissements, qui devaient être faits à l’extérieur du pays, seraient rapatriés aux États-Unis créant des milliers d’emplois.

Cette semaine, il annonçait son appui à un pipeline transportant du pétrole canadien vers le centre des États-Unis afin d’être transformé et créer des emplois. De plus, il demande que les tuyaux, utilisés pour le pipeline, soient fabriqués aux États-Unis.

Au Canada, nous attendons que les libéraux prennent finalement une décision pour la construction d’un pipeline qui apporterait du pétrole de l’ouest du pays afin d’être transformé à Saint-Jean, créant de la valeur ajoutée et des emplois pour une ressource canadienne.

M. Trump a aussi promis la construction d’un mur entre les États-Unis et le Mexique. Plusieurs centaines de kilomètres de mur sont déjà existants. Le message qui ressort est qu’il veut mieux protéger la population américaine en réduisant les risques de terrorisme. Il faut toutefois aussi prendre en considération la balance commerciale négative de plusieurs dizaines de milliards de dollars avec le Mexique que les Américains n’apprécient pas. La population américaine a élu M. Trump en pleine connaissance de ses objectifs, alors pourquoi cette contestation des médias? CBC s’est même rendue en Pennsylvanie et a trouvé quelqu’un qui n’avait pas voté pour M. Trump. Wow!

J’imagine que des femmes ont aussi voté pour M. Trump, pourtant des milliers de femmes sont descendues dans les rues et même ici au Canada afin de contester le choix de 46,2% des électeurs et électrices.

Pour des médias socialistes qui veulent faire de la politique partisane, près de 50% d’appui populaire aux États-Unis est une élection contestée, mais moins de 40% d’appui populaire au Canada est une victoire éclatante.