Sexualité nouvelle 1.0

Je m’appliquais à remplir le formulaire. À la question du genre, je m’apprêtais à cocher femme comme d’habitude, sans trop d’états d’âme. Mais voilà que les choix s’offrant à moi étaient pas mal plus sophistiqués: femme, homme, transgenre, intersexué, bispirituel.

Bispirituel? Et même intersexué, tant qu’à y être!

Clic clic clic et Google me répond: le terme bispirituel découle du concept autochtone anishinaabe (ojibwé) selon lequel une personne s’identifie comme possédant l’esprit féminin et l’esprit masculin.

Quant au genre dit intersexué, il s’applique à l’individu né avec des caractéristiques ambiguës, dont certaines sont apparentées au genre féminin et d’autres au genre masculin, selon les systèmes de détermination sexuelle. Autrement dit, aujourd’hui, il n’y a pas lieu de se fier seulement à l’anatomie (la présence d’un pénis ou d’un vagin) pour déterminer le genre. Les gonades (le fait de posséder des testicules ou des ovaires), les hormones (produisent-elles de la testostérone ou de l’œstrogène ?) et la génétique (y a-t-il une paire de chromosomes XY ou XX dans l’ADN ?) ont toutes un rôle dans la définition sexuelle d’un individu.

Pour revenir à mon formulaire à remplir, je me demande pourquoi les choix offerts ne correspondent pas au sigle de plus en plus répandu LGTBQ (Lesbienne-Gay-Transgenre-Bisexuel-Queer). Mais je me dis que nous nageons en pleine nouveauté ici, que des ajustements sont encore possibles.

Puis, en googlant ce sigle LGTBQ, je constate qu’il est en passe de s’allonger et de devenir LGTBQQIAAP pour inclure les personnes qui se posent des questions (le 2e Q), les intersexué-e-s (I), les assexuel-le-s (A), les allié-e-s qui militent contre l’homophobie (le 2e A) et les pansexuel-le-s (P), c’est-à-dire ces personnes pour qui toutes ces distinctions n’ont pas d’importance et qui sont prêtes à faire feu de tout bois).

À la limite, il pourrait s’ajouter deux autres T (pour Transsexuel-le-s et Two-spirited ou bispirituel-le-s), car transsexuel et transgenre ne signifient pas la même chose.

Et je pense aux gens de la Péninsule acadienne qui trouvent compliqué de répondre aux questionnaires sur les diverses dépenses encourues pendant la crise du verglas.