Face-à-face: le budget provincial 2017-2018

Bernard Thériault

Pour ceux qui ne s’en seraient pas rendu compte, un budget a été déposé à l’Assemblée législative de la province la semaine dernière.
Coincé entre un verglas historique et une semaine complète de blizzard, ce budget est passé totalement inaperçu pour le commun des mortels. Un peu comme s’il n’avait pas existé. Et je vous dirai très candidement que si vous n’avez rien entendu à propos de ce budget, vous n’avez strictement rien manqué.

C’est un document dont le contenant aussi bien que le contenu est insipide, incolore et inodore. Dans les faits, il se veut une continuité du budget de l’an passé, qui ne fait que récupérer complètement les hausses d’impôts prescrites l’an dernier et qui saupoudre quelques dollars çà et là dans différents programmes gouvernementaux. Rajoutez à ceci des injections d’argent un peu plus généreuses de la part d’Ottawa et vous avez le budget le plus terne qui nous a été offert depuis des années.

Il ne comporte pas de compression majeure, ce qui limitera les plaintes et les lamentations. De l’autre bord du spectre, on n’y trouve pas de nouvel argent capable de soulever le peuple dans les nuages! Bref, c’est un budget tellement «platte» qu’on aurait pu sauter une année et attendre à l’an prochain pour nous offrir quelque chose de plus attrayant.

Sans l’avoir souhaité, je peux deviner que le gouvernement sera bien heureux du peu d’intérêt soulevé par son budget. Dans une province où, malgré tous les efforts déployés, on arrive mal à stimuler une économie stagnante et une décroissance historique de notre population. Difficile de faire des miracles dans ces circonstances.

Il n’est pas surprenant que notre premier ministre a été le premier à signer une entente avec Ottawa en matière de santé. Il a d’ailleurs réussi à offrir une croissance de plus de 3% à la santé et d’augmenter le budget des universités. Celles-ci d’ailleurs n’ont pas montré beaucoup d’enthousiasme devant la générosité du gouvernement, accablées qu’elles soient par une baisse substantielle de leurs inscriptions. Ce qui n’est pas dit dans ce budget et que le gouvernement tente de ne pas ébruiter, c’est la décroissance et le vieillissement de la population. Si rien n’est fait pour régler ce problème, on n’arrivera pas à remettre notre économie à flot et on ne parviendra pas à financer les programmes requis par la population vieillissante.

Ce que je déplore également, c’est l’approche désuète des conservateurs qui ne trouvent pas mieux à dire que s’ils étaient au pouvoir, ils n’auraient pas augmenté la TVH et nous ne serions plus en déficit. Foutaise!

Finalement, avec un déficit qui se rétrécit, on peut remercier les deux gouvernements pour leur programme d’infrastructure qui devrait prendre de la vitesse cette année et mettre un peu de baume sur notre économie.

Du côté des rumeurs, j’entends que l’annonce faite la semaine dernière par le premier ministre Gallant pour sauvegarder l’institut de Memramcook sera suivie très bientôt par une super bonne nouvelle venant d’Ottawa. Le mot pouvant vous aider à résoudre cette énigme est «traducteurs»!

Jeannot Volpé

Un budget typiquement libéral pour 2017-2018, taxes et dépenses. Le gouvernement libéral de Brian Gallant avait justifié l’augmentation de la taxe harmonisée de 13 à 15% afin de reprendre contrôle sur la dette croissante de la province.

Pourtant, ces quelques centaines de millions de nouveaux dollars ne font qu’augmenter le montant de nouvelles dépenses et de la dette. Les libéraux sont totalement insouciants et inconscients de la réalité économique de la province. La ministre des Finances, Cathy Rogers, parle de réduction de la dette alors que c’est une réduction du déficit prévu, causé par une augmentation de revenus provenant de la TVH.

Le premier ministre continue d’utiliser des messages faux et erronés au coût de plusieurs centaines de milliers de dollars et parle d’une économie prospère avec plus de 3000 emplois disponibles. Pourtant, le N.-B. pour la première fois depuis des décennies, est en dernière place des provinces dans presque tous les domaines. Le dernier recensement démontre que le N.-B. est la seule province avec une perte de population. Ajoutons la pire performance économique, de perte d’emplois, de dette hors de contrôle et du plus haut de taxation au pays, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le budget 2017-2018 prévoit une augmentation des dépenses de 400 millions $, suivi par des dépenses de 300 millions $ sur trois ans ou 100 millions $ par année. C’est prendre la population pour des ignorants et des cruches.

Comment geler ou réduire les dépenses en santé en éducation ou ailleurs après avoir créé des attentes supplémentaires? Si vous empruntez pour acheter des bonbons aux enfants, croyez-vous pouvoir leur enlever ces bonbons de la bouche par la suite?

Alors que le réseau de santé Horizon n’a pas livré les réductions de dépenses prévues, elle est maintenant récompensée par un investissement de 90 millions $ qui ne faisait pas partie du plan l’an passé. Une décision purement politique, durant une période financièrement très difficile, afin d’aider le ministre libéral de Saint-Jean et d’aller chercher des votes aux dépens de services déjà sous-financés ailleurs en province.

Les fausses nouvelles qui se multiplient font dire à plusieurs que tous les partis sont pareils, ce qui est un gain pour des libéraux qui n’ont aucune crédibilité.

De vivre selon nos moyens et de respecter les contribuables est possible. La grande majorité des familles du N.-B. vivent ce défi tous les jours.

J’invite les incrédules libéraux à aller consulter le rapport du vérificateur général du N.-B. de 2007 afin de voir comment le gouvernement Lord a réussi à réduire les impôts des particuliers, des petites et grandes entreprises et réduire la dette. Vous pouvez consulter gratuitement ce rapport au lieu de continuer à répandre des faussetés.

Je croyais qu’il était impossible d’avoir un gouvernement pire que celui de Shawn Graham, mais je réalise que c’est possible avec les mêmes joueurs et un autre leader sans expérience et sans jugement.