Des temps difficiles pour le Nouveau-Brunswick

L’année 2017 annonce des temps difficiles pour le Nouveau-Brunswick. Tout d’abord notre province est la seule au Canada à avoir enregistré une baisse de sa population. Le Nord de la province continue à se dépeupler au profit du Sud et la baisse de la natalité n’est pas compensée par une arrivée importante d’immigrants.

Même si le gouvernement provincial mettait en place une politique de la natalité vigoureuse aujourd’hui même, il faudrait attendre deux décennies avant de pouvoir en récolter les fruits. Du côté de l’immigration ce n’est guère plus réjouissant. Le Nouveau-Brunswick attire trop peu d’immigrants et n’arrive même pas à retenir ceux qu’il a réussi à séduire.

Le dépôt du nouveau budget en janvier dernier n’a pas non plus été annonciateur de temps meilleurs. En 2018, la dette publique nette dépassera les 14 milliards $. La somme affectée au service de la dette, c’est-à-dire les intérêts annuels à payer pour nos emprunts, sera de 700 millions $. C’est plus ce que la province ne dépense pour l’éducation postsecondaire.

Le ministère des Finances prévoit un déficit de près de 200 millions $ et une croissance économique de 0,6 % pour 2017. Comme l’écrivait l’économiste Richard Saillant dans son ouvrage sur les finances de la province, le Nouveau-Brunswick se rapproche dangereusement du bord du gouffre. Si nos dirigeants politiques ne changent pas de cap, la province fera face à un déficit structurel et non conjoncturel.

Une population vieillissante et en décroissance, une croissance économique quasiment nulle, et une explosion anticipée des dépenses en santé vont faire en sorte que la province ne pourra plus financer les services publics comme auparavant. L’heure des choix difficiles approche à grands pas.

Pendant ce temps, nous avons à Fredericton un chef de l’opposition officielle qui semble faire une fixation sur la question de l’immersion dans le système scolaire anglophone. Le gouvernement Gallant a, quant à lui, les yeux rivés sur les élections provinciales de 2018. Donc pas question de brasser les choses et de prendre le taureau par les cornes afin de redresser la barre de la province.

Pourtant, le statu quo n’est plus tenable.