Myers impressionne la planète hockey

Il existe en Chine un vieil adage qui dit: avec volonté et détermination, on peut déplacer des montagnes. Voilà un dicton qui colle plutôt bien au vécu de Philippe Myers.

Il y a 18 mois, l’Acadien de Dieppe s’est présenté au camp des recrues des Flyers de Philadelphie comme joueur invité.

Inexplicablement boudé par les 30 clubs de la Ligue nationale de hockey lors du repêchage de juin 2015, Myers a déjoué son destin en forçant les Flyers à lui accorder un contrat professionnel.

Un fait d’arme qui a d’abord été vu comme une curiosité dans le petit monde du hockey.

Puis vint l’éclosion de ce grand défenseur de 6 pieds 5 pouces et 210 livres que les Huskies de Rouyn-Noranda se décidèrent à utiliser à toutes les sauces. Il aidera grandement la formation abitibienne à mettre la main sur la Coupe du Président.

Une collection de blessures (entorse au genou, déchirure articulaire à la hanche gauche et détachement des plaques pubiennes) l’empêchera toutefois de compléter la finale de la Coupe Memorial que les Knights de London remporteront finalement 3 à 2 en prolongation.

En août, il est invité au camp d’Équipe Canada junior sans prendre part à un seul entraînement. C’est normal, il se remet toujours de ses bobos du printemps.

N’empêche qu’il en fera assez pendant les semaines qui suivront pour obtenir une invitation au camp de sélection d’Équipe Canada. Défi qu’il relèvera avec brio en se taillant une place dans la première paire de défenseurs avec Thomas Chabot, des Sea Dogs de Saint-Jean, un espoir des Sénateurs d’Ottawa.

Et même si une commotion cérébrale l’a empêché de compléter le tournoi, Myers en avait encore assez fait pour impressionner la planète hockey.

Jusqu’à quel point croyez-vous? Eh bien le directeur du recrutement de la chaîne TSN, Craig Button, a dévoilé mardi sa liste des 50 meilleurs espoirs qui n’évoluent pas encore dans la LNH. Et Myers y occupe, croyez-le ou non, le 10e échelon. Chabot, lui, est au 3e rang.

Donc, si on se base sur ce seul classement, les chances de voir Myers percer l’alignement des Flyers dès cet automne sont excellentes.

Il devance, entre autres, des bonshommes comme le défenseur Mikhail Sergachev, le joyau du Canadien de Montréal (14e), Tyson Jost (15e), un attaquant de l’Avalanche du Colorado qu’on estime être une réplique de Joe Sakic, et Pierre-Luc Dubois (16e), que les Blue Jackets de Columbus ont sélectionné au troisième rang du dernier encan.

Qu’un joueur d’âge junior parvienne à convaincre une équipe de la LNH qu’il mérite un contrat à l’âge de 18 ans, à peine trois mois après avoir été ignoré au repêchage est déjà un exploit en soit.

Mais que ce même gaillard réussisse un peu plus d’un an plus tard à figurer au 10e rang des meilleurs espoirs n’évoluant pas encore dans la LNH relève presque du miracle. Liste qui, je tiens à le préciser, comprend aussi des joueurs de la Ligue américaine, de la KHL, de la NCAA et des circuits professionnels de Suède et de Suisse.

1. Clayton Keller, centre, Arizona

2. Alex Nylander, ailier gauche, Buffalo

3. Thomas Chabot, défenseur, Ottawa

4. Dylan Strome, centre, Arizona

5. Kirill Kaprizov, ailier gauche, Minnesota

6. Jesse Puljujarvi, ailier droit, Edmonton

7. Kyle Connor, ailier gauche, Winnipeg

8. Brock Boeser, ailier droit, Vancouver

9. Charlie McAvoy, défenseur, Boston

10. Philippe Myers, défenseur, Philadelphie

14. Mikhail Sergachev, défenseur, Montréal

16. Pierre-Luc Dubois, ailier gauche, Columbus

38. German Rubtsov, centre, Philadelphie

43. Vitaly Abramov, ailier gauche, Columbus

45. Filip Chlapik, centre, Ottawa

49. Daniel Sprong, ailier droit, Pittsburgh