Respecter, tolérer et montrer l’exemple

Vous êtes-vous vêtus d’un chandail rose mercredi dernier? C’était la journée annuelle du chandail rose.

Déjà 10 ans se sont écoulés depuis qu’un élève de 9e année en Nouvelle-Écosse s’était fait intimider et menacé de violence physique parce qu’il avait osé porter un chandail rose. Deux jeunes héros de 12e année, Travis Price et David Shepherd, eux-mêmes victimes d’intimidation, ont vidé les magasins locaux de tous leurs chandails roses et les ont distribués, peu de temps après, aux élèves de leur école en soutien à l’égard de leur camarade.

Ce geste de solidarité a bien sûr apporté beaucoup de réconfort à l’élève en question, mais il est devenu le symbole de la lutte contre l’intimidation et de la promotion de la diversité et du respect de la différence sur le plan national.

Il semble que les efforts portent leurs fruits dans nos écoles et auprès des jeunes en général. À certains égards, il y a des progrès, ne serait-ce que par le fait qu’on nomme le phénomène qu’est la violence et qu’on est capable d’en reconnaître les manifestations.

Par rapport à la diversité des genres, les écoles font des efforts pour faciliter la vie des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres (LGBT) ou qui sont encore en questionnement. Par exemple, de nombreuses écoles ont désigné des toilettes neutres. Des petits gestes qui font une grande différence pour ces personnes exceptionnelles qui vivent trop souvent le drame de la non-acceptation sociale.

Les jeunes faisant partie de la population LGBT seraient encore plus à risque de suicide que les jeunes hétérosexuels. C’est dire le drame intérieur qu’ils éprouvent au moment où ils constatent leur différence par rapport à certaines attentes de la population en général.

Au-delà de la diversité des genres, le chemin est encore long pour l’acceptation des différences sous toutes ses formes. Rino Morin-Rossignol, dans sa chronique de mercredi, dans l’Acadie Nouvelle, traitait justement de la tenue de Serge Brideau, chanteur du groupe Les Hôtesses d’Hilaire, lors de l’émission Entrée principale (à la télévision de Radio-Canada), enregistrée à Moncton la semaine dernière.

La robe moulante du chanteur du groupe a provoqué une marée de commentaires très désobligeants et agressifs à l’égard de l’artiste. Pourtant, si l’émission était passée à la radio, Serge Brideau aurait sans doute reçu un concert d’éloges.

On n’a pas à être d’accord avec ses propos, mais il faut avouer qu’ils sont réfléchis et nuancés. L’animateur André Robitaille et lui ont réalisé une superbe entrevue. Les paroles de la chanson que le groupe a interprétée pendant l’émission portent à réfléchir. Mais en dépit de toute cette profondeur, c’est le superficiel qui a fait l’objet de débats montrant, du coup, beaucoup d’intolérance.

Malgré les progrès et la promotion du respect de la diversité, la tolérance est souffrante. Que de propos haineux sur les médias sociaux… Que de propos intolérants qui misent sur la peur de la part de certains leaders politiques d’ici, des États-Unis ou d’ailleurs… Que de propos désobligeants dans nos milieux de vie…

Difficile, donc, de lutter contre l’intimidation et l’intolérance à l’école quand l’intolérance occupe une grande place dans nos sociétés. La solution passe par la rencontre avec l’autre pour mieux le connaître et pour mieux nous comprendre. Il ne faut jamais oublier que nos enfants sont notre reflet.

« Pis les enfants c’est pas vraiment, vraiment méchant.

Ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps.

Ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler.

Au fond, ça peut faire tout c’qu’on leur apprend! »

– L’escalier, Paul Piché