La SNA à la dérive?

Vue de l’extérieur la désolation semble s’être emparée de la Société Nationale de l’Acadie (SNA). Après le départ de son président, René Cormier, pour occuper un siège au Sénat canadien, ce sont le directeur général et quasiment tous les autres employés qui ont quitté en douce le bateau qui semble naviguer dans les eaux de l’indifférence de monsieur et de madame Tout-le-Monde en Acadie.

La SNA est une fédération qui regroupe les quatre organismes porte-parole francophones des provinces de l’Atlantique ainsi que leurs quatre associations jeunesse. Confrontés à leurs propres difficultés pour survivre dans ces temps difficiles, ces organismes semblent avoir d’autres chats à fouetter que de se préoccuper de l’avenir de cette vénérable institution fondée au tout début des grandes conventions nationales acadiennes au 19e siècle.

Lorsque dans les années soixante-dix le gouvernement fédéral a décidé d’appuyer financièrement les organismes de défenses des minorités de langues officielles au pays, la SNA a dû se réinventer afin de justifier son existence. Son mandat a été révisé pour devenir le représentant du peuple acadien sur les scènes atlantique, nationale et internationale.

Un moment fort de la SNA a été la visite des quatre Acadiens en France en 1968. Dirigée par son président, le docteur Léon Richard, la délégation acadienne a été reçue en grande pompe par le général Charles de Gaulle alors président de la République française. En plus de recevoir une reconnaissance internationale, l’Acadie a pu bénéficier d’une importante aide de la France sous forme de bourses d’études et de coopérants à l’Université de Moncton et au journal l’Évangéline.

Fragmenté par les événements de la déportation, le peuple acadien est maintenant disséminé à travers le monde, mais c’est dans le Canada atlantique qu’il est concentré sur le plan géographique. La SNA est la voix de ce peuple et constitue une institution fondamentale pour la reconnaissance de son existence.

La disparition tranquille de la SNA serait un drame pour toute l’Acadie. Le temps est peut-être venu de se mobiliser pour revoir sa structure et son avenir.