Le blues du «snooze»

De nouvelles données tirées du Recensement 2016 sont sorties la semaine dernière. Surprise, surprise: le déclin démographique du Nouveau-Brunswick se poursuit.

En gros, on vieillit. Les jeunes partent, les immigrants nous boudent et les adultes ne procréent pas assez.

Mais ça, on le sait depuis longtemps. Chaque fois que Statistique Canada ou qu’un chercheur quelconque nous le rappelle, on pousse un grognement collectif. On hausse les épaules et on répond que ça va, qu’on a compris. Pas besoin de tourner le couteau dans la plaie.

On est un peu comme un ado dont le réveil-matin sonne à tue-tête et qui émerge de son sommeil aux quatre minutes pour varger sur le bouton «snooze». On est conscients que l’on va devoir se lever, mais on préfère ignorer l’inévitable, se tourner et continuer à ronfler.

L’inévitable, dans notre cas, c’est le tsunami d’aînés qui va déferler sur nous à mesure que vieilliront les baby-boomers. En ce moment, ça va. Ils ont récemment commencé à atteindre l’âge de la retraite et la pression sur les systèmes publics n’est pas suffocante. Mais les choses vont débouler assez rapidement au cours des prochaines années.

Notre monde change déjà. L’Université de Moncton se vide peu à peu… pendant que les foyers se remplissent. Les entreprises peinent à recruter des employés qualifiés. Les dépenses en santé continuent de croître.

Comment va-t-on s’en sortir? Honnêtement, je n’en ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais, c’est que l’on s’enlise, ce qui me fait dire qu’il faut sans doute changer quelque chose.

Dans un peu plus d’un an, les partis politiques présenteront leur vision de la province et essayeront de charmer les électeurs.

Il me semble que ce serait une maudite bonne occasion de nous présenter des pistes de solution.

Pas de promesses creuses et d’yeux doux aux groupes d’intérêts, mais plutôt des idées concrètes, audacieuses et qui ne donnent pas le goût aux experts de s’arracher les yeux.

De combien de rappels aurons-nous besoin avant que l’on se réveille?