Dure semaine…

La semaine a été difficile pour le bénévolat sportif. Pas de Course XTreme à Bathurst, ni de Classique de golf Luc-Bourdon, plus de Rivermen de Miramichi…

L’abandon de deux activités majeures et le transfert de l’équipe masculine de hockey midget AAA vers Bathurst démontrent à quel point il est difficile d’assurer l’organisation d’un événement majeur, peu importe qu’il soit présenté une seule fois par année comme une descente en patinage extrême et un tournoi de golf ou encore que ce soit sur une période continue comme les 28 ans passés à diriger une équipe de hockey.

D’abord, tout début signifie qu’il y aura une fin. C’est inévitable. Mais nous tombons toujours de notre chaise quand ça arrive, peu importe que ça fasse deux ans, huit ans ou près de trois décennies.

L’éternité est un concept qui n’a pas assurément pas sa place dans le sport.

Dans le cas de la Course XTreme, il faut dire que l’organisation et les bénévoles se sont mesurés à plus fort qu’eux: la météo.

S’ils ont pu sauver in extremis la descente de 2016 malgré une semaine de temps doux qui a fait craindre le pire à maintes reprises, il leur a été impossible de faire de même en février, parce que Dame Nature avait décidé qu’elle ne chausserait pas les patins cette fois-ci. La coquine…

On peut comprendre la déception lorsque Paolo Fongemie et Bruno Richard ont été obligés de se rendre à l’évidence.

Pour eux et pour plusieurs dizaines de bénévoles qui croyaient en cet événement – avec raison, d’ailleurs -, l’énergie de se battre encore une fois contre les caprices de la météo – un combat perdu d’avance, diront certains – n’était tout simplement plus là.

Passer des centaines d’heures à préparer une piste glacée de décente pour les coureurs et la voir fondre à vue d’oeil à seulement quelques heures du départ, c’était devenu insupportable pour eux.

Oui, c’est un deuil à vivre, mais ils ne pouvaient faire autrement. Espérons qu’ils trouveront une solution, car Bathurst et toute la région Chaleur avaient rapidement embarqué dans cette belle et folle aventure sur la butte du Collège communautaire.

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La Classique de golf Luc-Bourdon n’a pas eu à se battre contre le ciel, même si la tempête post-tropicale Arthur avait joyeusement contrecarré les plans de ses organisateurs en 2014. Leur combat, c’est à l’interne qu’il s’est passé.

Quand Dave Cowan a remis sa démission à titre de président de l’événement en novembre, il croyait que la relève allait assurer la suite. Mais ce ne fut pas le cas, semble-t-il.

Dans le bénévolat, on remarque souvent qu’une activité tient debout grâce à l’engagement indéfectible d’une poignée de bénévoles. Souvent, nous avons assez des doigts sur une seule main pour les compter.

Ça peut aller si on organise une soirée de cartes dans une salle communautaire. Mais pour un tournoi de golf de l’envergure de la Classique Luc-Bourdon, c’était demander énormément d’énergie, année après année, au même petit groupe de personnes.

Ça exige de six à huit mois de préparation, à trouver des commanditaires, à contacter de possibles invités, à gérer l’argent de la fondation qui vient en aide aux jeunes sportifs de la région. Sans dire que c’était devenu un travail à temps plein, il est certain que le comité organisateur a donné des dizaines d’heures, sinon des centaines, afin d’assurer le bon fonctionnement de cette rencontre qui honorait la mémoire de Luc Bourdon.

La charge de travail était colossale.

Certes, l’annonce de l’abandon de ce tournoi cette année est triste, mais nous devons également nous rendre compte qu’il y a quand même eu huit classiques, que près de 200 000$ ont été amassés et que les amateurs avaient enfin la chance de pouvoir côtoyer des joueurs de la Ligue nationale de hockey dans la Péninsule acadienne.

C’est déjà bien.

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À Miramichi, les Rivermen ont été obligés de fermer les livres après 28 saisons lorsque Hockey Nouveau-Brunswick leur a préféré le groupe de Bathurst pour gérer les trois prochaines saisons de la formation de la zone D (Nord).

Encore là, le bénévolat en prend pour son rhume. Pendant près de trois décennies, un groupuscule a réussi – avec plus ou moins de succès sur la patinoire, il est vrai – à maintenir une équipe de hockey midget AAA. Certaines y sont depuis les débuts. Ça, c’est de l’engagement rare. Ils peuvent au moins être ravis d’avoir vu deux de leurs anciens joueurs – le regretté Luc Bourdon chez les Canucks de Vancouver et Sean Couturier chez les Flyers de Philadelphie – atteindre la LNH, sans oublier tous ceux qui ont pu poursuivre une carrière dans la LHJMQ.

Cette fois-ci, ce n’est pas la météo, ni l’essoufflement qui a mis fin aux Rivermen. C’est une décision administrative, prise par un comité de sélection qui a eu à juger les deux candidatures qu’il avait en mains. Nécessairement, il devait y avoir un gagnant – Bathurst – et un perdant.

Nous ne connaissons pas les raisons qui ont poussé Hockey NB à mettre fin à 28 années de hockey midget AAA à Miramichi. Peut-être cherchait-on tout simplement un changement. C’est fort possible. Nous félicitons Bathurst de se lancer dans cet immense défi. Nous leur souhaitons bonne chance.

Mais à l’autre bout de la route 8, il y a des hommes et des femmes qui ont donné leur temps sans compter pendant des années à cette cause et qui, aujourd’hui, ont le sentiment d’avoir fait tout ça pour rien.

Oui, ç’a été une dure semaine pour le bénévolat sportif…