La reconquête du vote francophone

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, profitera-t-il de la saison des festivals pour s’inviter dans les communautés acadiennes cet été? Durant la crise du verglas qui a durement frappé la Péninsule acadienne cet hiver, Blaine Higgs y a brillé par son absence alors que Brian Gallant y a presque installé ses quartiers généraux!

Le compte à rebours est commencé concernant les prochaines élections provinciales. Les progressistes-conservateurs, sauf la circonscription de Madeleine Dubé dans le Madawaska, ont perdu tous leurs sièges francophones lors des élections de 2014.

En élisant un unilingue anglophone qui avait de surcroît flirté avec le parti CoR, les militants progressistes-conservateurs ont fait le pari que leur parti pourrait rebâtir, malgré tout, les ponts avec la population acadienne et francophone lors des prochaines élections. Beaucoup de travail devra être accompli en très peu de temps pour réaliser cet exploit.

Blaine Higgs devra recruter des candidats francophones crédibles d’ici septembre 2018. Pour le moment, aucune personnalité francophone ne semble se bousculer à la porte du Parti progressiste-conservateur. Blaine Higgs pourra-t-il, comme l’avait fait Richard Hatfield dans la personne de Jean-Maurice Simard, trouver un lieutenant francophone afin de reconquérir l’électorat acadien?

En plus d’une liste de candidats francophones crédibles, Blaine Higgs devra dire concrètement ce qu’il entend faire pour les Acadiens et les francophones de cette province. Le Parti progressiste-conservateur est-il en faveur du maintien de deux régies de santé pour répondre aux besoins des deux communautés de langues officielles?

La situation économique difficile va certainement s’inviter dans la prochaine campagne électorale provinciale. C’est souvent un élément déterminant qui peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. On a vu qu’en Colombie-Britannique le gouvernement de la première ministre Christy Clark s’est retrouvé minoritaire, même si la situation économique de cette province n’est nullement comparable à celle du Nouveau-Brunswick.

Tous les votes seront importants lors des élections de 2018 et l’électorat francophone pourrait très bien, comme lors des élections de 2014, faire pencher le pouvoir du côté des libéraux. C’est au Parti progressiste-conservateur de mériter le vote francophone.