Jours heureux à Lamèque

Mardi soir, à l’intérieur comme à l’extérieur du salon-bar la Roue du Capitaine, nous devions être quelque 200 personnes à attendre le tirage de la Chasse à l’as de cœur de la paroisse Saint-Pierre de Lamèque.

– C’est la chance d’une vie!

Bernard Haché en est convaincu. Pêcheur de homard de métier, le midi il se dépêche de se changer pour venir vendre des billets. Il fait partie des 125 bénévoles qui s’occupent de la mécanique du tirage depuis 11 mois.

– Tout le monde en profite! Aujourd’hui, beaucoup des gens vont s’arrêter aux Serres Chez Eugène, acheter des fleurs ou ce dont ils ont besoin pour leur parterre.

La chance commence d’abord par le fait que l’as de cœur ne fut pas pigé dès les premières semaines.

– On a démarré deux fois sans se rendre plus loin que six semaines. On fait à peine de profit dans ces cas-là.

Mardi après-midi, à l’aréna de Lamèque, 9 paroissiens vendaient les billets à un flot constant d’acheteurs.

– Lundi, les gens faisaient la file dehors. Ça ne dérougissait pas. Il y en a qui arrivent avec des moyens paquets d’argent!

Au même moment, un camion de courrier Midland arrive dans le stationnement. Le livreur aura-t-il un de ces magots, justement? Non, il ne vient que pour lui.

Je me demande qui a bien pu inventer ce tirage basé sur le fait qu’il y a 52 semaines dans une année et 52 cartes dans un paquet. Ce parallèle n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard, pas plus que les quatre «couleurs» et les quatre saisons, l’ensemble de 13, etc.

À la Roue du Capitaine, l’animateur ne passe que des tubes, rock dansant et musique traditionnelle endiablée. Trois steppeux, deux hommes et une femme, se distinguent du lot, infatigables. C’est la première fois que je vois des gens stepper dans une salle de danse et pas sur une scène.

J’ai hâte au tirage, mes deux arcs-en-ciel en main.

Ah oui, et les intempéries de la dernière année, avec tous les dégâts causés?

– On oublie vite!