Pisser dans le vent

Le gouvernement provincial a largué une bombe sur le monde municipal la semaine dernière en annonçant le gel des évaluations foncières en 2018.

Comme notre éditorialiste François Gravel l’illustrait dans notre édition de samedi, les libéraux ont essayé d’éteindre un feu avec un gallon d’essence. Cela est à la fois poétique, juste et triste.

En gros, Brian Gallant et sa bande ont tenté de régler un problème comme s’il existait dans un vacuum et sans égard aux torts que leur «solution» allait causer.

Le gel évitera que de nouvelles erreurs soient commises, c’est vrai. Mais il aura un effet domino qui affectera négativement les municipalités et les citoyens.

Ce n’est pas première fois que les libéraux adoptent des politiques qui règlent un problème très circonscrit tout en faisant des dommages collatéraux qui sautent pourtant aux yeux.

Par exemple, quand ils ont annoncé en 2016 que les étudiants issus de familles à faibles revenus recevraient plus d’aide financière, ils ont établi le seuil à 60 000$ et n’ont pas mis en place une échelle mobile.

Les étudiants issus de familles dont les revenus étaient légèrement supérieurs ont été laissés de côté (tout comme les diplômés récents, dont les vivres ont été coupés pour financer la nouvelle initiative).

Cette lacune, qui était d’une évidence déconcertante, n’a été comblée qu’un an plus tard.

Tant qu’à faire, on pourrait aussi mettre dans le même panier la décision du gouvernement de déposer un renvoi devant la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick dans le dossier des autobus bilingues.

Ce bombage de torse juridique n’était ni nécessaire, ni souhaité par les francophones et aurait pu avoir des conséquences désastreuses sur leurs acquis.

Dans ces trois cas, c’est à se demander pourquoi le gouvernement s’y est pris ainsi malgré la présence de failles importantes dans son approche.

Il s’agit tout de même de problèmes que n’importe quel deux de pique ayant suivi une couple de cours d’intro aux sciences sociales pourrait déceler en 30 secondes.

Fouillez-moi pourquoi, mais ces politiques ont plus l’air d’avoir été gribouillées sur une serviette de table en vitesse que développées au terme d’une réflexion poussée et sérieuse.