De réfugiée à résidente

Ça y est ça fait un an. Un an que je suis gone. Un an que je suis arrivée. Un an depuis la fin. Un an depuis le début.

Quitter la Nouvelle-Écosse en quête d’une Acadie qui me permet me d’être connectée à quelque chose qui me ressemble restera à jamais une des décisions les plus importantes de ma vie.

En choisissant d’échanger ma soif de ma langue pour naviguer dans d’autres eaux, les défis qui définissaient mon identité culturelle sont disparus du jour au lendemain.J’ai laissé le poids d’une lutte constante pour la survie laissée derrière moi à la frontière des éoliennes, Il ne me restait qu’à faire ce que j’ai annoncé comme étant ma nouvelle mission de vie.

Quand on est une réfugiée linguistique, il faut rebâtir un monde from scratch. La désorientation et une sensation constante de overwlehmingness sont des étapes à franchir, mais après vient l’opportunité incroyable de choisir les humains avec qui on veut être en communauté.

Si Moncton a des grandes qualités et des défauts frustrants, le dynamisme de la scène culturelle est indéniable. La juxtaposition constante des sous-groupes sociaux fait qu’il n’est pas surprenant de rencontrer constamment des gens qui ont déjà loué la même chambre que toi, les ex à tout le monde et des gens qui se retrouvaient au même party que vous au dernier 15 août. Ça ne manque pas de personnages magnifiques, en tout cas.

Un an plus tard, ma communauté se définit par les gens qui m’entourent, me nourrissent les idées et pour lesquels mon coeur se remplit de toutes les émotions à la fois. Avec la partner, la co-couch dweller, celui qui s’exilera bientôt, celle qui pose des bonnes questions, c’est toujours légendaire.

Cette ville est pleine de fous, de farfelus, de familiers, de fantaisistes, de futuristes, de figurants, de farouches, de fascinants, de feeleux, de furieux, de flamboyants, de fêteux, de fictifs, de fiers, de funambules, de florissants, de fluides, de flous, de frais, de fougueux et de fidèles, et on les a tous incarnés à notre tour.

Et c’est comme ça qu’une réfugiée devient résidente.