«F’sons l’Acadie gay again»

Cet été aura été celui où nos communautés se sont lancé le défi de ne pas être la dernière à colorer ses passages piétonniers aux couleurs de l’arc-en-ciel LGBTQI+.

Il sera aussi celui où est née l’icône instantanée qu’est Jass-Sainte Bourque, création barbue et pleurnicharde de Xavier Gould. Fidèle à l’évolution moderne de la culture altersexuelle où l’hétérosexualité et l’homosexualité ne sont que deux mots d’une longue liste d’orientations possibles et où la notion du genre n’est pas contrainte à un système binaire.

Jass-Sainte évite le cliché de centrer ses propos autour de toutes ses identités et préfère faire des vidéos Youtube où elle expose les secrets des vedettes acadiennes et se pavane en nous montrant l’impressionnante collection de bandeaux avec lesquels elle signe son look.

C’est dans ce contexte d’affirmation impénitente que la première édition d’Acadie Love propose un rendez-vous de la fierté en fin de semaine à Caraquet. En célébrant l’identité culturelle et l’identité sexuelle d’un même coup, la notion de fierté devient intersectionnelle.

La communauté queer fait face à plusieurs défis qui sont reflétés dans la programmation d’Acadie Love. La prédominance d’hommes gais cisgenres invite une réflexion sur la distribution de privilège et de visibilité entre les différents groupes dont est composé l’acronyme LGBTQI+.

Les spectacles-clés du vendredi et du samedi soir seront livrés par des artistes québécois, incitant un examen des obstacles auxquels font face les artistes locaux qui abordent des thématiques queer.

Acadie Love a le potentiel de causer un impact important auprès d’Acadiens LGBTQI+. Son succès se mesurera à sa capacité d’être pertinent auprès d’une diversité de groupes identitaires et générationnels.

La déségrégation de nos identités multiples nous donne également l’occasion de jouer avec la juxtaposition de nos différentes cultures, comme des performances drag à thématique acadienne ou l’exploration des parallèles potentiels entre la bisexualité et le bilinguisme.

Xavier Gould nous invite justement à élargir les limites conceptuelles de l’Acadie avec le message brillant qu’il a fait broder sur sa casquette, typique du génie dérisoire qui fera vite de lui une figure incontournable au sein de nos cultures: «F’sons l’Acadie gay again.»