Madawaska: un merveilleux village! (suite et fin?)

Le Madawaska est entré dans le 21e siècle. Et son histoire continue à se déployer dans le Temps, donnant naissance à une arborescence culturelle dont la richesse doit être admirée du monde entier.

Le projet du village légendaire dont j’ai parlé la semaine dernière vise à exploiter ce patrimoine culturel au profit des Madawaskayens et au grand plaisir des touristes et des visiteurs!

Célébrons l’Acadie brayonne! Elle a droit de cité, comme l’Acadie péninsulaire ou l’Acadie chiac. Vive ses attraits, son accent, ses légendes! Plus le Madawaska sera fort, plus l’Acadie sera forte!

Je propose tout simplement qu’on crée au Madawaska quelque chose qui n’existe pas ailleurs.

Il faut oser!

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Compte tenu du fait que le Madawaska n’a pas une masse critique colossale, il s’agit en réalité de créer un projet à tel point audacieux, qu’il serait, dès son annonce, un sujet médiatique, un sujet de curiosité soutenue.

C’est donc un projet où la médiocrité n’aurait pas sa place. Pour y parvenir, il faut que, de sa conception à sa réalisation, ce projet soit placé sous le signe de l’excellence, du nec plus ultra. Sans compromis.

C’est cette qualité essentielle d’audace créatrice qui permettra d’attirer des visiteurs en grand nombre, suppléant ainsi à la faiblesse de la masse critique régionale. Un projet qui n’accueillera pas seulement les gens des environs, pas seulement la parenté qui vient en visite, pas seulement les voyageurs qui passent sur la transcanadienne, mais bel et bien des gens qui viendront d’ailleurs, de très loin même, spécifiquement pour voir et admirer ce projet.

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Aujourd’hui, avec l’internet, la planète au complet peut tourner les yeux vers le Madawaska d’un seul clic. Imaginez maintenant des manchettes internationales qui proclameraient: «Un petit coin de pays se lance dans un projet extraordinaire pour sortir de son anonymat! Cliquez ici.»

Encore faut-il qu’on ne se contente pas de demi-mesures et qu’on y aille à fond la caisse. Il faut sortir des sentiers battus. Y compris dans la recherche des fonds publics et privés, de même que des commandites prestigieuses. Pensons, par exemple, au Cirque du Soleil, au célèbre studio multimédia Moment Factory, ainsi que nombre de sociétés de tout acabit qui pourraient apprécier cette audace et embarquer dans le projet en épaulant ses créateurs.

C’est possible, vous savez. TOUT est possible.

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Dans les commentaires qui me sont parvenus, le mot «village» n’a pas fait l’unanimité, et je suis le premier à reconnaître qu’on pourrait trouver mieux.

Je pense plutôt à un «espace». Un espace ouvert, en forme d’étoile.

L’étoile, pour saluer l’Acadie, tout d’abord. Et pour rappeler la constellation identitaire du Madawaska. Et pour illustrer toutes les étoiles qui brillent dans les yeux des Madawaskayens quand ils parlent de leur coin de pays.

Au bout de chaque pointe de l’étoile, un pavillon thématique, à l’architecture futuriste, faisant appel à l’écoconstruction, aux ressources bioclimatiques (panneaux solaires, géothermie, éoliennes), à la fine pointe de la domotique, du multimédia et de l’environnement immersif.

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Par exemple, dans un PAVILLON MÉDIATIQUE, les visiteurs auraient accès, d’un simple clic sur un mur-écran, aux bandes annonces de films et vidéos, bandes sonores radiophoniques et télévisuelles, microfiches journalistiques, et tout autre support médiatique contenant de l’information archivée sur le Madawaska. On y trouverait aussi, pour furetage, un exemplaire de tous les livres publiés par des écrivains du Madawaska, ou des auteurs d’ailleurs qui ont écrit sur la région. C’est là qu’on croiserait l’historien Thomas Albert, ou des éducatrices qui ont marqué la région, telle que Sr Catherine, Mère Maillet et compagnie. Ce pavillon pourrait même devenir, éventuellement, un authentique centre des archives du Madawaska.

Un PAVILLON BOUFFE pourrait faire office de bistro-vitrine où il serait possible de goûter à la cuisine offerte par tous les restaurateurs du Madawaska qui souhaiteraient ainsi profiter de cette vitrine, de cette carte de visite, pour mettre leurs produits en vedette. On pourrait y associer le collège communautaire et ses étudiants du module culinaire. De même que les brasseurs de la région. On pourrait y croiser tante Blanche, Jeanne et Jack du Laurier BBQ, des restaurateurs légendaires de tout le Madawaska, et de notoires bootleggers, etc.

Un PAVILLON CRÉATION pourrait proposer un échantillonnage de tous les produits artisanaux, artistiques et autres conçus et créés au Madawaska. Encore une fois, un lieu servant de vitrine à tous les créateurs de la région, où l’on pourrait croiser des personnages liés à la création madawaskayenne. Y compris, Monsieur Gallant, l’inventeur du casse-têtes en trois dimensions!

On pourrait penser aussi à des pavillons pour nos «racontars» de cultivateurs, de bûcherons, de draveurs, d’éducateurs, de curés, et que sais-je encore!

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Au centre de cette étoile, une graaande place. Avec fleurs, fontaines, mobilier urbain futuriste, et des dizaines de mâts épousant la forme de l’étoile ou formant un grand cercle, battant pavillon de tous les endroits d’où sont venus, au fil des siècles, les habitants du Madawaska.

Ce serait la «Place de l’Humanité» illuminée, le soir, par des jeux de sons et lumières aussi fabuleux que les légendes du pays!

Dans les pavillons et sur la grande place, nos personnages historiques et légendaires agiraient comme «animateurs», interagissant avec les visiteurs, sur le mode de l’humour toujours, leur transmettant une information authentique, bien sûr, tout en y incorporant nos légendes, et en vantant les charmes à découvrir dans toute la région. Il s’agirait d’une immense mise en scène où l’expertise des artistes et comédiens locaux trouverait ici à s’exprimer dans un cadre grandiose.

Je donne ces exemples pour qu’on puisse mieux visualiser ce projet appelé à être réalisé en concertation avec tous les intervenants régionaux intéressés, sans esprit de compétition, mais dans un élan synergétique, à promouvoir le développement économique de tout le Madawaska.

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Voilà, en gros, le projet du merveilleux village légendaire du Madawaska.

Oui, c’est un projet d’envergure et d’audace. Mais l’audace ne fait pas défaut au Madawaska!

Il ne faut pas avoir peur de rêver! Car si on ne rêve pas soi-même, qui rêvera à notre place?

Han, Madame?