Un rapport pas rapport

Il y a quelques jours, mon collègue Jean-Marc Doiron est tombé sur un rapport sur les prix de l’essence publié par l’Atlantic Institute for Market Studies.

Dans ce document, cet institut de recherche se penche sur les systèmes gouvernementaux de plafonnement des prix dans les provinces de l’Atlantique.

L’AIMS – qui est favorable aux libres marchés et dont plusieurs dirigeants sont des poids-lourd du monde des affaires –  avance que les Néo-Brunswickois ont payé 15 millions $ en trop depuis la mise sur pied de ce système en 2006.

Cette conclusion a fait hurler un économiste de l’Université du Nouveau-Brunswick, Rod Hill, qui a qualifié le rapport de «malhonnête».

Il est même allé jusqu’à dire qu’il s’agit de «propagande». Ce sont là des critiques d’une dureté que l’on voit rarement dans le monde académique.

En entrevue, cet expert (qui est aussi associé au Centre canadien de politiques alternatives, un think tank à la gauche de l’AIMS),  a expliqué que le rapport ne vaut pas grand-chose parce que sa méthodologie est pourrie.

Que s’est-il passé?

Ces problèmes sont-ils le fruit de simples erreurs commises accidentellement par l’auteur du rapport? Ou s’agit-il plutôt de traces laissées par un chercheur qui voulait en arriver coûte que coûte à une conclusion établie dès le départ, quitte à couper des coins ronds?

Je me suis posé les mêmes questions le printemps dernier en prenant connaissance d’un autre rapport dans lequel l’AIMS critiquait vivement l’aide financière offerte par Fredericton à tous les étudiants provenant de familles à faibles revenus.

Comme certaines conclusions étaient le résultat de comparaisons boiteuses, j’avais simplement décidé de balancer le document dans le recyclage.

Au final, j’aurais peut-être dû faire comme Jean-Marc Doiron et écrire un article tentant de voir si l’AIMS essayait de nous en passer une petite vite.

De tels think tanks, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont un rôle à jouer et ils brassent des idées. Mais cela ne veut pas dire que l’on devrait se gêner pour remettre en question leurs publications.