Qui vit par l’épée périra par l’épée

Les prochaines élections provinciales vont se jouer à Saint-Jean. C’est du moins le consensus qui se dessine de plus en plus dans le petit monde de la politique néo-brunswickoise.

Si l’on se fie au remaniement ministériel annoncé mardi, cela n’est pas passé au-dessus de la tête du premier ministre.

En plus de se nommer lui-même ministre responsable de la région et d’ouvrir un bureau dans la ville, Brian Gallant a écarté Ed Doherty du cabinet.

Ce dernier – qui avait remporté son siège de justesse en 2014 et qui ne se représentera pas en 2018 – ne lui était pas d’une grande utilité, surtout depuis le scandale des évaluations foncières.

Avant même que l’on ait eu le temps de finir de digérer tous ces changements, l’entreprise TransCanada a largué une bombe sur la province en demandant la suspension de l’étude sur son projet de pipeline Énergie Est.

Cette nouvelle risque d’avoir pas mal plus d’impact sur le climat politique de Saint-Jean que le remaniement.

On se souvient que le premier ministre a été un véritable meneur de claque pour Énergie Est au cours des derniers mois. En répétant à qui voulait l’entendre que son gouvernement était derrière TransCanada, il s’est associé au projet pour le meilleur et pour le pire.

On s’entend que Brian Gallant n’est qu’un pion dans cette histoire et que ce n’est pas de sa faute si ce pipeline risque de ne jamais être construit. Des forces bien plus puissantes que lui sont à l’oeuvre dans ce dossier.

Cela n’empêchera pas certains électeurs d’établir un lien (à tort) entre la mort possible d’Énergie Est et Brian Gallant. L’homme va en prendre pour son rhume.

Il ne faut pas oublier que si le projet de pipeline avait reçu le feu vert du gouvernement fédéral avant la prochaine campagne électorale, Brian Gallant s’en serait sûrement servi pour marquer des points contre ses adversaires.

Comme on le dit souvent; qui vit par l’épée périra par l’épée.