Donald Arseneault, député-lobbyiste

Le député de Campbellton-Dalhousie, Donald Arseneault, a récemment mis son gouvernement dans l’embarras en acceptant un poste de lobbyiste à Ottawa.

Vous avez bien lu. Cet ancien ministre et vétéran de la politique provinciale est maintenant le directeur des relations gouvernementales d’un syndicat national.

Ça ne prend pas la tête à Papineau pour voir que c’est problématique.

Être député n’est pas un emploi à temps partiel. En plus de siéger à l’Assemblée législative quelques mois par année, nos élus doivent être présents dans leur communauté le reste du temps pour faire mille et une choses.

Au Nouveau-Brunswick, on reconnaît depuis longtemps que ces tâches prennent du temps et qu’elles ne peuvent pas être accomplies entre deux quarts de travail. C’est pourquoi on verse un salaire de base à nos députés provinciaux 85 000$ par année.

Cela dit, Donald Arseneault n’est vraiment pas le premier élu à occuper un autre emploi (et il ne se gêne pas pour nous le rappeler). Il faut lui donner cela, même si ce n’est pas parce que d’autres l’ont fait que c’est une situation souhaitable.

Mais ce n’est pas tout. Au-delà de son emploi du temps, il y a une autre question hyper importante que l’on ne peut ignorer; les deux postes qu’il occupe présentement sont-ils compatibles?

La réponse est très simple: c’est non.

Donald Arseneault dit qu’il ne fera pas de lobbying tant qu’il sera député, qu’il se contentera de faire des communications et de conseiller ses collègues.

C’est du pareil au même. Cet accommodement ne règle pas du tout l’énorme problème éthique que pose ce double emploi.

Donald Arseneault n’aurait pas dû accepter ce poste de lobbyiste. N’oublions pas que même s’il avait choisi de céder sa place à l’Assemblée, il aurait tout de même dû respecter la période de latence de 12 mois imposée à nos anciens députés.

Aujourd’hui, une seule option s’offre à lui s’il veut faire preuve d’intégrité. C’est dommage pour son compte en banque, mais il doit quitter son nouvel emploi.