Les libéraux: au-delà des égoportraits

BERNARD THÉRIAULT

Une mauvaise journée avec le gouvernement Trudeau est encore de loin meilleure qu’une bonne journée avec Stephen Harper! Voilà que ma chronique pourrait s’arrêter là, mais je serai bon joueur et tenterai pour le reste de cette colonne de défendre les deux premières années du gouvernement Trudeau, mais aussi de les critiquer sur des dossiers avec lesquelles ils ont été maladroits, particulièrement au cours des dernières semaines.

Je ne serai pas surpris de lire dans la chronique d’en face des allusions à peine voilées sur le premier ministre Trudeau et la marijuana. Je rappellerai aux millions de lecteurs de nos chroniques que le seul homme politique à avoir été accusé de possession de marijuana dans l’histoire de notre pays, fut le premier ministre conservateur Richard Hatfield, qui reconnaissons-le fut disculpé de cette accusation! En observant les politiques insipides et vieillottes du chef conservateur provincial Blaine Higgs, je me dis parfois qu’il aurait peut-être avantage de s’en rouler un bon, pour que finalement l’inspiration arrive avant les élections!

Blague à part, il faut reconnaître qu’avant la victoire libérale au Lac-Saint-Jean cette semaine, le gouvernement Trudeau traversait des moments de turbulences sans précédent depuis son élection. Là où je serai le plus critique avec le gouvernement Trudeau, c’est dans la façon avec laquelle la ministre Joly a annoncé la nouvelle politique culturelle du gouvernement canadien. En annonçant l’entente avec Netflix, elle a balayé d’un seul coup tous les espoirs des acteurs culturels qui attendaient ce moment depuis longtemps. En voulant paraître moderne et innovante, elle n’a pas su capter le cœur des Canadiens pour qui une politique culturelle doit être une partie intégrante de notre indépendance nationale. Bref, le droit à la différence, si important pour notre pays, ne semble pas assez présent dans ce document. Mélanie Joly a du travail à faire pour reprendre l’initiative dans ce dossier.

Revenons maintenant à nos moutons et parlons de l’autre ministre qui a eu du temps difficile au cours des derniers mois.Je parle du ministre des Finances Bill Morneau. Celui-ci, après avoir présenté aux Canadiens des modifications à la loi sur l’impôt, s’est fait reproché de couper l’oxygène à nos petites et moyennes entreprises en leur enlevant des avantages fiscaux qui, on doit le reconnaître, a fait l’objet d’abus par plusieurs de cette catégorie de gens d’affaires. Ceux-ci sont montés aux barricades et ont fait plier le ministre sur la plupart des points litigieux de cette réforme. Qui plus est, le ministre s’est fait attaquer par l’opposition qui l’accuse d’être en conflit d’intérêts avec son ancienne compagnie de gestion financière, qu’il n’a pas mis en fiducie sans droit de regard, malgré le fait qu’il vient d’annoncer qu’il donnera à des organismes de charité tous les profits générés par ses actions. Rien d’illégal ici, mais rien pour réconcilier les sceptiques avec le monde politique. Ceci étant dit, malgré une lune de miel qui tire peut-être à sa fin, je ne changerais pas ce gouvernement pour un gouvernement conservateur qui cherchera encore à diviser et détruire ce pays que nous aimons tous.

JEANNOT VOLPÉ

Nous avons appris la semaine dernière que le ministre fédéral des finances Bill Morneau, un Canadien typique de la classe moyenne, avait oublié de déclarer une propriété de quelques millions de dollars. Son collègue et ami, aussi typiquement Canadien de classe moyenne, Justin Trudeau, dont la fortune de plusieurs millions est gérée par quelqu’un d’autre, est venu à sa rescousse. De façon hautaine et très cavalière, M. Trudeau a expliqué aux médias socialistes et les a convaincus qu’il est tout à fait normal d’oublier des détails. Expliquez au ministre des Finances que vous avez oublié d’inclure quelques milliers de dollars sur votre prochaine déclaration d’impôts afin de voir s’il est aussi compréhensif pour vous que pour lui-même.

On se souviendra que MM. Trudeau et Morneau, deux Canadiens typiques de la classe moyenne, font la chasse aux fraudeurs et aux petites entreprises qui tentent de contourner le système fiscal canadien afin de payer moins d’impôts. Alors, comment calmer cette meute de journalistes sinon en leur jetant un os rempli de bonnes nouvelles?

Les bénéfices pour enfants seront améliorés plus tôt que prévus et des millions seront investis afin de préparer la force policière lors de la légalisation de la marijuana, parce que c’était des promesses électorales et que M Trudeau tient ses promesses. Est-ce sa mémoire sélective ou sa dépendance à dépenser l’argent des autres qui a fait oublier à M. Trudeau qu’il avait aussi promis de limiter le déficit à 10 milliards $ par année? Pourtant, le déficit sera presque le double que celui anticipé, et ce, même avec des revenus plus élevés que prévus.

Au N.-B., M. Gallant a finalement décidé, suite à des sondages pas très positifs, qu’il ne déclencherait pas d’élections cet automne. Les électeurs mettent tous les libéraux dans le même panier et les cafouillages au niveau fédéral ont des répercussions au N.-B. Le cas de Donald Arsenault, impliqué dans le scandale Atcon et qui sera maintenant député provincial et lobbyiste pour le fédéral n’a rien pour aider la situation. Le manque d’éthique des libéraux et leur manque de respect envers la population sont sans précédent. Cette attitude de nonchalance envers les électeurs de la province est invraisemblable. On se souviendra du cas de Shawn Graham, accusé et reconnu coupable d’avoir pris part à une décision dans le dossier du scandale Atcon alors que son père siégeait sur un des conseils de direction de cette compagnie. Il ne faudrait pas oublier Victor Boudreau, aussi impliqué dans le dossier Atcon et également impliqué dans le dossier de la plage Parlee, de la privatisation de l’extra mural et du développement de terrain de camping.

La population commence en a avoir assez des selfies et des beaux sourires et du manque d’intégrité et de respect de certains élus libéraux fédéraux et provinciaux. Les Canadiens moyens se sont fait prendre une fois, mais vont y réfléchir pour la prochaine fois.