Only the Brave: un film catastrophe qui a du coeur

Patrice CôtéChroniques

Il y a des histoires vraies qui méritent d’être racontées. Celle des Granite Mountain Hot Shots, que l’on peut découvrir dans Only the Brave, en est certainement une.

Les Granite Mountain Hotshots sont des pompiers d’élite spécialisés dans le combat des incendies de forêt.

Basée à Prescott, en Arizona, l’unité composée d’une vingtaine de combattants du feu est appelée à se déplacer un peu partout dans le sud-ouest des États-Unis.

Les Hotshots sont sur la première ligne. Leur dangereux travail est de circonscrire les incendies, en travaillant parfois à quelques mètres du brasier, afin de l’empêcher de se propager jusqu’aux zones résidentielles.

Les Hotshots sont jeunes et un brin indisciplinés en dehors du travail, mais quand ils sont appelés au combat, ils sont totalement dédiés à la tâche et menés d’une main de fer par le vétéran Eric Marsh (Josh Brolin).

Un matin de juin 2013, la petite unité est appelée à intervenir lors d’un incendie de forêt qui fait rage à environ 70 km au sud de leur localité.

Ce qui devait être une intervention de routine tourne rapidement au cauchemar en raison d’une série de malchances et de vents imprévisibles.

Réputés pour leur ingéniosité et leur coeur au ventre, les Hotshots feront alors face au plus dangereux défi de leur vie…

Macho et sensible

Only the Brave est un film que l’on pourrait qualifier de macho et de sensible. Une dualité qui est parfaitement illustrée par le personnage interprété par Josh Brolin.

Le chef Marsh est intransigeant et il ne recule jamais devant le danger. Et il exige la même chose de chacun de ses hommes. Des hommes qui luttent contre les éléments sous les notes musclées d’AC/DC, de Pearl Jam et de Metallica et qui, entre deux feux, multiplient les blagues salées.

Mais à l’instar de Marsh, tous ces pompiers ont des doutes et des peurs. Ils se questionnent sur la difficulté de combiner leurs obligations professionnelles avec leurs responsabilités familiales. Mais, par-dessus tout, ils s’inquiètent de ce qu’il adviendra de leurs proches si, par malheur, ils devaient tomber au combat.

À l’ère des super héros aux égos surdimensionnés, les pompiers des Granite Mountain Hot Shots sont assurément les héros les plus humains que Hollywood nous a offerts depuis des lunes.

Du grand art

Dire que Brolin est brillant dans Only the Brave est un euphémisme. Je serais même prêt à avancer qu’il s’agit de la meilleure performance de sa carrière. C’est peu dire pour un comédien qui a été acclamé pour ses rôles dans W., No Country for Old Men et Milk.

La nature d’Only the Brave fait en sorte que l’Académie regardera probablement l’oeuvre de haut et n’accordera que peu de crédit à Brolin. Reste que le vétéran californien est absolument hallucinant de vérité.

L’Académie aurait aussi intérêt à jeter un regard très attentif à d’autres comédiens qui sont forts convaincants.

C’est notamment le cas de Miles Teller. Reconnu pour ses éblouissantes performances dans The Spectacular Now (2013) et Whiplash (2014), le jeune homme est solide, mais il fait véritablement montre de tout son talent dans le troisième et dernier acte, quand son monde s’écroule.

Jennifer Connelly en est une autre qui impressionne. La New Yorkaise offre ici sa meilleure performance depuis qu’elle a été récompensée d’un Oscar, il y a 16 ans, dans Beautiful Mind.

Le toujours excellent Jeff Bridges et le Canadien Taylor Kitsch (pour qui ce rôle marquera peut-être un retour dans les bonnes grâces de l’industrie après les échecs colossaux qu’ont été John Carter et Battleship) sont également très bons.

Hors norme

Reste que la plus grande qualité d’Only the Brave, c’est qu’il raconte une histoire vraie sans le flafla et le sentimentalisme sirupeux auquel nous a habitué Hollywood.

À l’image d’un pyromane qui planifie soigneusement son méfait, le réalisateur Joseph Kosinski (TRON: Legacy, Oblivion) pose de façon lente et étudiée les composantes du bûcher qu’il nous prépare.

Le cinéaste prend tellement son temps que le premier acte semble carrément manquer de focus. Mais tranquillement, les choses tombent en place et les enjeux nous apparaissent avec beaucoup plus de clarté.

Malgré tout, il est impossible d’être bien préparé pour la bouleversante dernière demi-heure.

C’est à ce moment que Kosinski craque l’allumette. Et qu’il nous laisse, impuissant, assister à l’intense cauchemar qui s’en suit.

Avec sa brillante distribution et son histoire non seulement intéressante, mais bien racontée, Only the Brave est une rareté au cinéma: un film catastrophe qui a du coeur.

FICHE TECHNIQUE: ONLY THE BRAVE

Version originale: Only the Brave
Genre: drame, histoire vraie
Budget: 38 millions $
Durée: 134 minutes
Une production des studios: Black Label Media et Di Bonaventura Pictures
Réalisateur: Joseph Kosinski
Scénario: Ken Nolan et Eric Warren Singer
Avec: Josh Brolin, Miles Teller, Jeff Bridges et Jennifer Connelly
Partage l’ADN de: Pompiers en alerte (1991), Piège de feu (2004),  World Trade Center (2006)
On aime: le jeu des comédiens et l’intensité du dernier acte
On aime moins: le récit aurait pu être condensé en 110 minutes
ÉVALUATION (sur 5)
Scénario:   4
Qualités visuelles:      4
Jeu des comédiens:   5
Originalité:    4
Divertissement:4
Total: 21 sur 25