L’objectif d’une chronique portant sur la thématique des grands espaces étant de susciter un éveil aux activités à l’extérieur des quatre murs nous amène inlassablement à côtoyer le monde animal. Raison pour laquelle plusieurs espèces animales de notre province vous ont été présentées au cours des deux dernières années, et ce, afin que main dans la patte, bêtes et humains puissent partager harmonieusement un habitat, hélas sans cesse rétrécissant. Ma toute récente chronique introduisant le renard roux a soulevé un intérêt particulier auprès de trois lecteurs oscillant entre les vertus du canidé et la possibilité de la transmission de la rage. Aussi rare puisse-t-elle être, cette infection virale mérite tout de même certaines précisions.

Tout cas de diagnostic rabique par un vétérinaire ou par un médecin doit impérativement être signalé à Santé Canada, qui annuellement publie un rapport des cas diagnostiqués sur le territoire canadien, de même que l’espèce animale qui l’aurait transmise. Moufette, chauve-souris, raton laveur, chat, chien, loup et renard roux représentent les principaux vecteurs de propagation de cette maladie.

Un bref survol sur la toile porte à croire que les cas de rage remontent à plus de deux mille ans où les morsures de chiens entrainaient la mort. Reste à savoir évidemment s’il s’agissait vraiment de cas de rage ou tout simplement d’une médecine à ses tout premiers balbutiements comme science curative.

Véritable fléau en Europe au XIX siècle, ce n’est qu’en 1885 que Louis Pasteur a découvert le vaccin contre la rage. À l’époque, tout comme aujourd’hui, la rage était synonyme de dénouement fatal, exception faite de très rare cas de survie. La période d’incubation varie normalement de deux à six semaines avant l’apparition de symptômes. Ceci étant dit, toute morsure doit être considérée comme étant suspecte et une vaccination contre la rage et le tétanos demeure urgente.

Revenons à nos moutons, que dis-je, aux animaux avec lesquels nous partageons nos vies et nos loisirs. Pour des raisons obscures et soutenues par le modeste échantillonnage de trois lecteurs, c’est le renard roux qui se retrouve au banc des accusés, plutôt que l’ensemble des autres vecteurs possibles.

Son caractère furtif, ses déplacements calculés de prédateur lui confèrent sans doute une certaine sournoiserie. Contrairement à la moufette et au raton laveur qui élisent domicile dans notre environnement immédiat, le renard préfère le couvert boisé comme habitat et ne sort parmi nous qu’en quête de proie pour ensuite se réfugier en lieu sûr. C’est sans doute sa nature mi-sauvage, mi-domestique qui nous intrigue davantage et qui éveille nos soupçons.

Grâce aux compilations de Santé Canada, il nous est possible de brosser un portrait du mode de transmission de cette maladie, de même que des cas d’infections auprès des Canadiens. Depuis 1985, quatre cas de rage ont été signalés au Canada. Dans les quatre cas, la chauve-souris a été identifiée comme porteuse du virus. Le Québec quant à lui a rapporté depuis 1964 un cas par morsure de renard et un second par morsure de chauve-souris.

Santé Canada confirme le diagnostic de 3055 cas de rage sur le territoire canadien en 2016. Tout dépendant des provinces, le nombre de cas observé varie normalement de 1 à 450, exception faite de l’Ontario qui figure en tête de liste avec 1745 cas répertoriés. Le Nouveau-Brunswick pour sa part faisait état de 75 cas. Ratons laveurs et chauve-souris sont montrés du doigt comme étant la source première de contamination, laissant Maître Renard intact avec sa réputation de flatteur. Soulignons que parmi tous ces cas, aucun dénouement malheureux n’est survenu auprès des humains.

L’éducation de la population aux dangers des morsures animales de toutes sortes a pour ainsi dire sensibilisé celle-ci aux mesures à prendre en cas de tels accidents. L’efficacité de la vaccination de même que certaines règles élémentaires auprès des animaux ont pour ainsi dire éradiqué la maladie chez les humains.

Il est donc recommandé de ne pas nourrir les animaux sauvages, de garder une certaine distance envers ceux-ci et de ne pas adopter d’animaux sauvages orphelins. Pour ce qui est de vos animaux de compagnie, faites-les vacciner. Si votre animal a été victime d’une morsure, manipulez-le avec précaution en utilisant des gants et en l’attachant en attendant les consignes de votre vétérinaire.

Personnellement je suis enclin à me méfier davantage de la rage au volant qu’à celle transmissible par le monde animal!

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