Au service de la beauté

Serge ComeauChroniques

Dimanche dernier, notre communauté chrétienne avait la joie d’accueillir un de ses anciens pasteurs. Le père Robert McGraw a animé un souper spectacle à Beresford. Le dimanche précédent, il avait lancé son dernier disque de chants religieux en l’église Notre-Dame-de-la-Salette qui porte le nom d’une de ses compositions: Guide nos pas.

Cette parution d’un disque de chants religieux est l’aboutissement de plusieurs mois d’enregistrement et de plusieurs années de composition. On y retrouve des chants-thèmes composés pour divers temps liturgiques ou évènements et des chants inspirés par la liturgie.

Dans l’interprétation des chants, on peut apprécier les voix d’un quatuor vocal et de Jeanne d’Arc Milot, tous de la région de Tracadie. Nicolas Basque et les musiciens sont aussi sensible à mettre en valeur le message religieux sous différentes harmoniques. Père Robert s’est entouré de plusieurs professionnels pour nous livrer un produit dont il a raison d’être fier. Mais sa fierté est aussi celle de notre Église: lorsqu’un membre du corps du Christ (que nous formons) est à l’honneur, cela rejaillit sur l’ensemble.

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Dimanche dernier, en présentant le père Robert, j’ai rappelé quelques souvenirs de mon enfance et surtout de mon stage avec lui il y a 20 ans. Je lui ai redit mon amitié et mon admiration pour son ministère pastoral qu’il réussit à concilier avec tant d’autres engagements pour faire résonner le message de l’Évangile.

Père Robert est pour moi l’homme qui réussit à concilier tant de choses. La conciliation musique-travail d’abord. Il réussit à concilier sa tâche pastorale, de plus en plus lourde avec plusieurs autres engagements diocésains et sociaux. Et tout cela, il le fait avec une humeur égale, avec beaucoup de sérénité. Le secret de sa sagesse est ailleurs que dans une naïveté des enjeux pastoraux et sociaux, mais bien dans une vie intérieure nourrie.

Il prend soin de nourrir cette alliance avec Celui qui l’appelle à mettre ses talents au service des autres. Il chante souvent l’Alliance. Cela s’entend dans toutes ses chansons lorsqu’il parle du Dieu de l’Alliance ou qu’il chante Marie comme la Vierge d’Alliance. Cette alliance entre Dieu et son peuple est parfois nommé, toujours célébré, jamais silencieuse. L’alliance est pour moi un mot qui le caractérise bien.

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Avec son disque, il nous fait célébrer une alliance entre la musique et la beauté dont il se fait serviteur. Cette beauté qui nous fait simplement croire au salut. Dans nos vies rapides, organisées et éclatées, la musique est une parenthèse qui nous fait du bien.

Et parce que la musique est polyphonique, elle a la capacité de nous émouvoir de manière si complète. Elle rejoint toutes les dimensions de notre être. Parfois, les instruments parlent à une partie de nous-mêmes, les chœurs à une autre, la voix à une autre encore. La musique, peut-être encore plus que les autres formes d’art, a cette capacité de nous émouvoir pleinement parce qu’elle éveille simultanément les différentes dimensions de notre être.

La musique parle le langage même de l’intériorité parce qu’elle touche en même temps toutes les facettes de nos vies. Avec elle, nous avons l’occasion de mettre en harmonie toutes les dimensions de notre être.

Je suis de ceux qui ont insisté auprès de lui pour qu’il fasse l’enregistrement de ces compositions. J’ai insisté depuis longtemps. Parfois sans ménagement. En écoutant le disque en boucle depuis quelques jours, je n’ai pas de remord. Notre Église a besoin de talents pour mettre en valeur la joie de l’Évangile. Merci père Robert!