Un pour tous, tous pour un… ou pas

 

Le feuilleton entourant l’avenir du député-lobbyiste Donald Arseneault est terminé. Vendredi dernier, ce vétéran libéral a annoncé qu’il quittera l’Assemblée législative à la fin novembre.

Dans son édito de samedi, mon collègue François Gravel a salué cette sortie de scène en disant que cet élu a pris «la décision qui s’imposait.»

En réfléchissant à cette affaire (et malgré tout le respect que j’ai pour François Gravel) je me demande si c’est vraiment le cas.

Qu’on se le dise, Donald Arseneault avait les mains liées. La pression montait, les médias ne lâchaient pas le morceau et Brian Gallant montrait des signes d’impatience face à ce qui devenait de plus en plus une distraction pour son gouvernement.

Le statu quo n’était pas sur la table. Donald Arseneault n’avait pas vraiment d’autre choix que de mettre une croix sur l’une des choses suivantes: son poste de député, son emploi de lobbyiste ou sa place au sein du caucus libéral.

L’option qu’il a choisie est sans doute la pire des trois, surtout pour les contribuables, les électeurs de sa circonscription et les libéraux.

Pourquoi? Parce que les Néo-Brunswickois vont devoir assumer les frais des élections complémentaires, tandis que les gens de Campbellton-Dalhousie vont se ramasser sans député pendant quelque temps avant d’être traînés malgré eux dans une course inutile.

Quant aux libéraux, ils vont devoir puiser dans leurs réserves financières et mettre les bouchées doubles pour s’assurer de ne pas se faire humilier dans cette région de la province qui n’a pas toujours voté rouge au cours des dernières décennies.

Et Donald Arseneault dans tout ça? Et bien il s’en tire à bon compte, malgré les apparences.

Il faut reconnaître qu’il perdra quelques dizaines de milliers de dollars en quittant la politique plus tôt que prévu, mais cela est un prix raisonnable à payer pour s’assurer d’avoir un gagne-pain au cours des prochaines années.

Compte tenu de tout ça, je me dis que la décision qu’il a prise était celle qui s’imposait… pour lui.