Ces méchants qu’on aime détester

Qu’ont en commun Warden Hazen, Ivan Drago et Chong Li?

Ce sont tous de sombres méchants de fiction aperçus respectivement dans The Longest Yard (1974), Rocky IV (1985) et Bloodsport (1988).

Ces «affreux» étaient toutefois en vedette dans des films dramatiques. Moi, parce que ça pourrait vous donner de bonnes idées de cadeau pour Noël, je veux plutôt vous parler des célèbres vilains qu’on aime détester dans les comédies sportives.

Qui sont les plus belles têtes à claques ou les plus hilarants devant l’atrocité de leurs actions?

J’ai posé la question au public, via ma plateforme Facebook, et voici ce que sept cinéphiles m’ont écrit.

Shooter McGavin (Christopher McDonald), l’antipathique adversaire du héros Happy Gilmore (Adam Sandler), dans le film du même nom, a manifestement marqué l’imaginaire.

Avec humour, Jean-Robert Fournier dit avoir en horreur l’exécrable golfeur de cette comédie réalisée en 1996. «Quand tu parviens à détester le vilain, ça veut dire qu’il fait bien sa job. Shooter est tellement minable avec ses répliques peu intelligentes. Il est même allé jusqu’à acheter la maison de la grand-mère de Happy et menaçait de la démolir afin de le forcer à abandonner la PGA. J’aime ce personnage parce qu’il est toujours fier de lui-même et qu’il est facile de rire de ses travers», écrit-il.

Marc Landry, pour sa part, a un faible pour le désopilant quilleur Ernie McCracken (Bill Murray) dans le très sous-estimé Kingpin (1996). «J’aime Big Ern pour son total manque de respect envers ses adversaires et pour sa vantardise extrémiste. Avec lui, tout y passe. Il est un moqueur méprisant et est prêt à tout pour s’approprier les honneurs d’un tournoi», raconte-t-il.

Mario Doucet partage lui aussi le même avis concernant l’impayable McCracken. «Le match final est un pur classique. Rien qu’avec son langage corporel, c’est suffisant pour te faire rire. Et le fait qu’il se croit un attrait sexuel ajoute à la rapacité du personnage. Sa coupe de cheveux me fait penser aux gars de 50 ans qui vont au club pour ramasser des jeunes filles. Le personnage n’a aucun scrupule. Il fait semblant d’être le héros de la foule, le gars simple et modeste. Mais en vérité, il est sournois au point d’aller jusqu’à handicaper sa compétition», mentionne-t-il.

David Maltais, lui, préfère le pilote automobile Jean Girard (Sacha Baron Cohen) dans Talladega Nights: The Ballad of Ricky Bobby (2006). «En tant que fan de course automobile, j’ai adoré cette satire incroyable du monde du NASCAR. Jean Girard est un Français ouvertement homosexuel qui débarque dans ce monde macho et parvient facilement à  battre tous les autres pilotes. Le simple fait que le commanditaire soit l’eau gazeuse Perrier est absolument hilarant. Le NASCAR étant propulsé par les commandites de bières, d’outils et de boisson gazeuses, cette voiture Perrier était parfaite pour aller avec Girard. J’aime qu’il soit incapable de dire trois mots en anglais et qu’il remet toujours en question les choses auxquelles tiennent les amateurs de NASCAR. C’est un personnage bien ficelé et bien interprété», révèle-t-il.

Donald Aubé penche de son côté pour Rachel Phelps (Margaret Whitton), la désagréable propriétaire des Indians de Cleveland dans Major League (1989). «J’aime ce film pour deux raisons. D’abord parce qu’en plus d’être une excellente comédie, le film offre une bonne représentation du sport. D’ailleurs, plusieurs joueurs du baseball majeur identifient ce film comme leur préféré. J’adore aussi ce film parce que la vilaine n’était pas supposée en être une au départ. L’idée était de conclure de façon à ce qu’on découvre qu’elle avait simplement concocté un faux plan de déménagement en Floride afin de motiver ses joueurs. Par contre, un prévisionnement du film a démontré que les cinéphiles préféraient qu’elle soit la vilaine et non l’héroïne cachée. Ils ont donc enlevé la dernière partie du film», explique-t-il.

Jérôme Roy estime lui aussi que Rachel Phelps est la reine des vilaines. «C’est ma préférée parce qu’elle me fait penser à Jeffrey Loria. J’aurais aimé que l’histoire des Expos de Montréal se termine comme le film, mais ça n’a malheureusement pas été le cas. Je crois que que le film a dû inspirer Loria parce que c’est justement à Miami qu’il a déménagé les Expos», expose-t-il.

Enfin, Sylvain Bellemare soutient que le plus grand vilain de la comédie sportive est nul autre que Roméo Méo Levasseur (Pierre Lebeau) dans la première mouture du film Les Boys (1997). «Méo est plus divertissant dans le premier film. J’aime le voir tenter par tous les moyens de mettre Stan (Rémy Girard) à la rue. En même temps, il est resté quelques miettes du méchant Méo dans celui des autres films et de la télésérie. Je pense à la scène où il aide Janine Sutto à traverser la rue», note-t-il.

Ce sont tous là d’excellents choix de méchants mythiques de comédies sportives, comme l’auraient été aussi Ogie Oglethorpe (Ned Dowd, Slap Shot, 1977), White Goodman (Ben Stiller, Dodgeball, 2004) et plusieurs autres.

C’est Alfred Hitchcock qui a dit un jour: «Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film».

Le bon vieux Al avait 1000 fois raison.