Ode à une enfance simple

«L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir.» – Maria Montessori

Votre enfant arrive à la maison avec un sac à surprises – encore un autre – rempli de trucs destinés à encombrer sa chambre? Votre enfant peine à choisir parmi les 154 sortes de céréales disponibles dans les grandes surfaces? Votre enfant a connaissance de tous les jeux électroniques sur le marché? Votre enfant se préoccupe de sa sécurité parce qu’elle est au courant d’une tuerie qui a eu lieu dans une ville lointaine?

Votre enfant est las de se dépêcher le matin pour aller à l’école, pour ensuite se hâter pour se rendre à l’halte scolaire, pour ensuite arriver à la maison juste à temps pour engloutir son souper avant de se rendre rapidement à son cours de karaté pour ensuite, à son retour à la maison, enfiler son pyjama à toute vitesse afin de pouvoir disposer de 30 minutes sur sa tablette avant de s’endormir (d’un sommeil perturbé par la stimulation de l’écran bleu)? Ouf!

Si oui, votre enfant est typique. Mais ce n’est pas normal pour autant à moins que nous, parents, enseignants ou citoyens, nous résignons et décrétons que cela est tout à fait normal.

Nos enfants sont hyperstimulés, envahis par leurs horaires surchargés, confrontés à d’innombrables choix, submergés par leurs babioles, bombardés d’information à toute heure et subjugués par la publicité qui les cible sans vergogne.

Excès

Trop de choses, trop de choix, trop d’information et trop de vitesse: voici les quatre piliers de l’excès sur lesquels nous construisons nos familles modernes, selon Payne, meneur d’un mouvement international de simplicité parentale. Ce spécialiste du développement de l’enfant affirme que ce niveau élevé d’affairement, de distractions, de pression de temps, et de fouillis (mental et physique) dépossède les enfants du temps et de l’aisance dont ils ont besoin pour explorer leur monde et leur être émergent.¹

Sans l’ombre d’un doute, nos enfants sont élevés dans le trop-plein de tout – hormis du temps et des moments calmes.

Angoisse

Beaucoup d’enfants d’aujourd’hui sont considérés comme anxieux. Il s’agit d’un phénomène nouveau démontrant, hélas, que ces enfants suivent un rythme qui n’est pas le leur: ils ont perdu le rythme de l’enfance. Ces enfants ont également perdu leur cœur d’enfant (avant même de devenir adultes).

Le léger stress chronique accable nos enfants. Naturellement, il est important pour les enfants de vivre des moments de stress ponctuels afin qu’ils développent leurs compétences et leur confiance, mais un stress quotidien, constant et cumulatif, est nuisible.

Dans notre société, rares sont les enfants qui ne bénéficieraient pas d’un régime de simplification. Chez les enfants anxieux, hyperactifs, stressés, distraits ou oppositionnels, le besoin d’un mode de vie simplifié est criant.

Laissons nos enfants vivre le moment présent!

Défi de la semaine: Choisissez un des quatre piliers de l’excès (trop de choses, trop de choix, trop d’info, trop de vitesse) et simplifiez la vie de votre enfant (ou élève, nièce, petit-fils) à ce niveau. Il y aura alors davantage d’espace et de temps pour des rapports familiaux florissants – sans écran.

J’invite respectueusement vos partages et questions.

¹Payne, K.J. (2010). Simplicity Parenting. New York: Ballantine Books.