Cannabis sous clé: le gouvernement en fume du bon

Le gouvernement provincial a enfin dévoilé son cadre législatif sur le cannabis, la semaine dernière.

Âge minimal de 19 ans, interdiction de consommer du pot en public et ainsi de suite. On s’attendait à tout ça.

Une mesure sort cependant du lot, soit l’obligation d’entreposer le cannabis «dans un contenant verrouillé ou dans une salle verrouillée afin de s’assurer qu’il n’est pas à la portée de personnes mineures».

En voyant cela, bien des gens ont fait le saut. Un peu partout au pays, des observateurs et des internautes ne se sont pas gênés pour rire de nous.

Entre vous et moi, je ne les blâme pas. Cette décision donne l’impression que notre gouvernement est un peu paranoïaque.

Fredericton agit un peu comme le vieux grincheux du quartier. Celui qui a des caméras de surveillance, qui donne des brosses à dents aux enfants le soir de l’Halloween et qui appelle la police dès qu’un voisin fait du bruit après 23h.

Le gouvernement provincial dit qu’il s’y prend ainsi pour «s’assurer qu’il (le cannabis) n’est pas à la portée de personnes mineures».
Cet argument tient-il vraiment la route?

J’en doute. À moins que je me trompe, les adultes néo-brunswickois ne sont pas tenus de mettre sous clé d’autres substances contrôlées telles que l’alcool et les médicaments d’ordonnance.

Consommer du cannabis n’est pas sans risques, surtout pour les jeunes. Mais il ne faut quand même pas charrier.

Si un ado tombe dans le bar ou dans le stock de pilules de ses parents et qu’il s’en donne à coeur joie, il a de bonnes chances de se ramasser aux soins intensifs.

S’il pige dans leur sac de pot, il risque… de passer la soirée à regarder des dessins animés sur Netflix en se bourrant la face de crème glacée et de chips.

Les élus et les fonctionnaires pensent-ils vraiment qu’un joint est plus dangereux pour les mineurs qu’une bouteille d’opiacés ou qu’un litre de vodka?

Si oui, ils en fument vraiment du bon.