Le retour de papa 2: un malheureux ramassis de clichés

Patrice CôtéChroniques

Quand la meilleure scène d’un film met en vedette une souffleuse à neige qui «ingurgite» un paquet de décorations de Noël et en «recrache» les morceaux sur une voiture, vous savez que votre sortie au cinéma n’a rien eu de mémorable…

Je ne dit pas que je m’attendais à une expérience transcendante en allant voir Le retour de papa 2.

Je ne croyais toutefois pas assister à un aussi gênant ramassis de clichés et à un des films les plus prévisibles et superficiels qu’il m’ait été donné de voir au cours des dernières années.

Avec ses personnages stéréotypés au coton, ses gags génériques (qui rit encore de voir un adulte recevoir une balle de neige en plein visage?), sa conclusion mielleuse et sa puérile réflexion sur la masculinité, Le retour de papa 2 est loin de redorer le blason d’un des genres les plus usés du cinéma: le film de Noël.

À voir uniquement si votre dépendance hâtive au temps de Fêtes ne peut être assouvie ou si vous êtes encore parmi les rares que Will Ferrell parvient à faire rire.

Un Noël commun

Comme son nom l’indique, Le retour de papa 2 est la suite du film du même nom sorti en 2015 (et qui a généré des revenus en salle planétaires d’un quart de milliard $).

Dans ce nouvel épisode, l’homme rose Brad (Ferrell) et le viril Dusty (Mark Wahlberg) sont maintenant les meilleurs amis du monde malgré leurs différences.

Dusty a eu deux enfants avec Sara (Linda Cardellini), qui, elle, fréquente Brad, avec qui elle a eu un enfant. Ajoutez à cela que Dusty est en couple avec Karen (Alessandra Ambrossio, dans une des pires prestations du cinéma moderne), la maman d’une préado dont le père est Roger (le lutteur John Cena).

Fatigués de devoir fêter Noël en double, les parents du quatuor ont l’idée de célébrer tous ensemble, dans un même endroit.

Leurs plans seront toutefois compliqués par l’arrivée des pères de Brad et Dusty (Mel Gibson et John Lithgow), le premier trouvant que le fils de l’autre est une mauvaise influence sur la masculinité de sa progéniture.

Non, mes amis, Noël ne sera pas aussi enchanteur que prévu pour cette complexe famille reconstituée…

Superficiel

S’il est une chose que Le retour de papa 2 fait bien, c’est de forcer une réflexion sur les délicats rapports qu’entretiennent les beaux-parents avec les enfants de leur conjoint. Ce type de relation n’est jamais simple et le film l’illustre très bien.

C’est toutefois là que réside la seule dose d’intelligence de l’oeuvre. Le reste est une succession d’événements improbables qui deviennent propices à de prétendues blagues.

Le problème, c’est que les blagues en question manquent tristement d’originalité. On les voit venir plusieurs secondes d’avance pour la simple et bonne raison qu’on a déjà vu ou entendu la majorité d’entre elles à la télévision ou au cinéma. Et dans certains cas, dix fois plutôt qu’une.

Stéréotypé

La majeure partie du squelette du film repose sur la supposément hilarante dichotomie entre la virilité de Dusty et la sensibilité de Brad.

Un filon qui aurait pu être exploité avec cent fois plus de succès si Dusty et Brad n’étaient pas aussi stéréotypés.

Reste que le prix du personnage le plus unidimensionnel de l’année revient sans contredit à celui interprété par Mel Gibson.

C’est bon de revoir le bon vieux Mel au cinéma, mais pas dans le rôle d’un borné qui manipule à peu près tout le monde (y compris ses petits-enfants!) dans l’unique but que son fils assume totalement sa masculinité et son rôle de mâle alpha.

D’un remarquable mauvais goût.

Si, comme moi, vous ne trouvez rien de drôle au fait qu’un homme affiche ses émotions, qu’il soit exubérant et qu’il démontre sans gêne à ses enfants qu’il les aime, je vous suggère de voir autre chose que Le retour de papa 2.

FICHE TECHNIQUE: LE RETOUR DE PAPA 2
Version originale
: Daddy’s Home 2
Genre: comédie
Budget: 35 millions $
Durée: 100 minutes
Une production des studios: Paramount Pictures
Réalisateur: Sean Anders
Scénario: Sean Anders, Brian Burns et John Morris
Avec: Mark Wahlberg, Mel Gibson, Will Ferrell et John Lihtgow
Partage l’ADN de: La Belle-Famille (2000), Quatre Noël (2008) et Le retour de papa (2015).
On aime: la scène de la souffleuse et le charisme de la petite Scarlett Estevez
On aime moins: les gags déjà entendus 100 fois et la la superficialité du scénario

ÉVALUATION (sur 5)

  • Scénario:   2
  • Qualités visuelles:      3
  • Jeu des comédiens:      2
  • Originalité:    1
  • Divertissement:    2

Total: 10 sur 25