Trop, c’est trop

Si je me gratte parfois la tête pour choisir mon sujet, cette semaine le choix était si vaste et affligeant que j’en ai eu des vertiges.

D’abord, l’anniversaire de la tuerie de Polytechnique qui, comme chaque année, me donne froid dans le dos. Malgré tous les vœux pieux qui s’amoncellent depuis ce drame, les femmes sont encore les victimes de trop de violents, d’exaltés, de simplets ou de criminels. La Commission d’enquête sur les femmes autochtones tuées ou disparues est tristement éloquente à ce sujet tout comme les rapports policiers sur la traite des femmes pour le marché du sexe.

Tout près de nous, cette semaine marquait aussi le centenaire de l’explosion de Halifax, une catastrophe directement liée à l’épouvantable Première Guerre mondiale, la plus grosse explosion provoquée par l’Homme jusqu’à Hiroshima (je suppose que je devrais dire «l’humanité» mais je ne pense pas que les femmes aient eu grand-chose à voir avec cette explosion). De quoi réfléchir à ce dont tous et toutes sommes capables dans le domaine de l’horreur.

Au milieu de tout cela, la chronique nécrologique s’est alourdie. Jean D’Ormesson, grand écrivain français, un humaniste qui réussissait à sourire à la vie malgré tout et dont j’appréciais tant le style, est parti à 92 ans, suivi de près par Johnny Hallyday, l’idole des jeunes de ma génération qui est parti en emportant avec lui ma jeunesse.

À Ottawa, la nomination d’une nouvelle juge à la Cour suprême, ramène le débat sur le bilinguisme des juges. «Difficile dans la réalité» a dit le tout nouveau commissaire aux langues officielles. Vraiment? Pour moi, le seul test valide est celui-ci: accepterait-on des juges unilingues francophones à la Cour Suprême pour entendre toutes les causes en anglais? Exactement… On dit que Monsieur Théberge va s’expliquer. Je l’espère.

Reste le plus grave, qu’on repousse parce qu’on dit que ce n’est pas chez nous que ça se passe: l’ambassade américaine en Israël qui va s’installer à Jérusalem, la Corée du Nord et le polichinelle de Washington qui ont leur doigt de plus en plus près de la gâchette nucléaire, un raciste et probable agresseur sexuel qui va se faire élire sénateur de l’Alabama.

Mettons que, comme l’ami Rino, je ne suis pas encore tout à fait dans l’esprit des Fêtes.