Noël à Bonshaw

Ouf! Me voilà enfin dans l’esprit des fêtes. J’ai bien cru ne pas y arriver tant il y a de la misère partout, mais un concert de Noël, dans un minuscule village de l’Île-du-Prince-Édouard, auprès de gens simples et chaleureux, a suffi pour que j’y arrive.

Il y a d’abord le lieu: la petite église de Bonshaw, longtemps laissée à l’abandon, récupérée in extremis par un groupe de gens du village déterminés à la sauver pour en faire une salle de spectacles. Décorée pour la saison, des bougies à chaque fenêtre, elle avait fière allure dimanche soir dernier et ne portait pas son âge (150 ans, comme notre Confédération).

Les gens: du village, bien entendu, mais aussi de plus loin, unis dans la bonne humeur. Des jeunes et des moins jeunes, des familles avec leurs enfants, des «étrangers» comme moi, accueillis comme des amis de longue date et quand il n’y a plus eu de place sur les vieux bancs de l’église, on a rajouté des chaises.

Le spectacle: offert par des amateurs et des professionnels, heureux mélange de musique, d’histoires et la lecture magistrale, par le metteur en scène Ron Irving, du dernier chapitre de l’Histoire de Noël de Dickens. Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, est venu jouer quelques airs de trompette et tout a pris fin par des chants de Noël, repris en cœur par l’auditoire.

À l’entracte, biscuits et boissons chaudes étaient offerts par la coopérative de l’église et, clou de la soirée, le père Noël est apparu accompagné, une fois n’est pas coutume!, de son épouse et de joyeux lutins qui ont distribué des sacs de bonbons à tout le monde.

Ce qu’il y a de plus précieux dans la personne humaine était offert dans la plus grande décontraction ce soir-là: la générosité des artistes, le sens de communauté et de l’engagement sans lequel ce superbe lieu ne serait plus qu’un lointain souvenir et l’accueil chaleureux de tout un chacun.

Je suis sortie à 21h, prête à me lancer dans mes préparatifs: vite au fourneau pour panettone, biscuits et gâteaux; à nous les grandes tablées, les tourtières, la bûche et le foie gras. Et il y aura toujours, à table, une place de plus pour celui ou celle qui, ce jour-là, serait seul.