Star Wars: le Réveil de la Force (2015) a essuyé sa part de critique en raison de sa trame narrative presque en tous points semblable à celle de l’épisode original de La guerre des étoiles (1977). Les mordus seront heureux d’apprendre qu’avec Les derniers Jedi, la troisième trilogie de la gigantesque saga se donne enfin une identité propre.

Disney et Lucasarts ont bel et bien fait une croix sur les jeux de miroir. Si, dans Le Réveil de la force, le parcours de la nouvelle héroïne Rey avait une gênante ressemblance avec celui de Luke Skywalker, le dernier épisode en date nous offre un scénario qui déborde d’originalité.

La nostalgie des épisodes originaux est encore au rendez-vous, notamment avec la présence de Luke, Leia, Chewbacca, R2D2 et compagnie.

Reste que c’est dans ce huitième épisode que les nouveaux héros comme Rey, Finn et Poe deviennent maîtres de leur destin. Ce sont eux qui prennent le devant de la scène, reléguant les vétérans aux rôles de sages et de mentors.

L’action reprend dans les jours qui ont suivi la conclusion de l’épisode précédent.

Trente-et-un an après avoir été libéré du joug de l’empereur Palpatine, la galaxie se retrouve de nouveau sous le contrôle d’un violent dictateur. Cette fois, c’est le leader suprême Snoke et son Premier Ordre qui règnent par la peur.

Seul un petit groupe de résistants, mené par la générale Leia Organa, ose défier l’autorité.

L’avenir du petit groupe de rebelles est toutefois sérieusement menacé, le Premier Ordre ayant réussi à localiser sa flotte et à la mettre en joue. Leia, Poe Dameron et Finn devront faire des miracles s’ils espèrent sauver la mise.

Pendant ce temps, Rey (Daisy Ridley), qui a retrouvé la trace de Luke Skywalker, tente de convaincre le maître Jedi de lui apprendre à maîtriser la Force. Hanté par son échec avec son ancien élève Kylo Ren, Luke est réticent. D’autant plus que Rey semble attirée et courtisée par le côté obscur…

Acculés au pied du mur, nos héros parviendront-ils à s’extirper des griffes du Mal?

Batailles et longueurs

Ce huitième épisode est un excellent divertissement qui est toutefois empreint de plusieurs longueurs.

Les 30 premières minutes ainsi que les 30 dernières sont dignes de Star Wars: intenses, drôles, émotives et remplies d’action. L’entre-deux, tout en dialogue et en doutes, plaira certainement aux amateurs purs et durs de la saga. Le spectateur moyen, lui, risque toutefois de pousser un bâillement ou deux…

Même s’il aurait pu être amputé d’une bonne vingtaine de minutes sans que le récit en souffre, cet entre-deux est toutefois nécessaire. C’est en effet une partie charnière de cette nouvelle trilogie, le moment où les vétérans passent le flambeau aux plus jeunes.

Malgré tout, les moments forts du film restent les batailles d’ouverture et de fermeture. La première, aérienne, est un bijou de cinéma. On se croirait aux commandes d’un X-Wing! Du cinéma intense et visuellement grandiose.

La seconde, au sol, rappelle la bataille de Hoth, dans L’Empire contre attaque. Le réalisateur est tout de même parvenu à innover et sa conclusion, j’en suis convaincu, restera gravée dans l’imaginaire collectif au même titre que tant d’autres scènes de la trilogie originale.

De la profondeur

Au-delà de l’action et de l’éternel combat entre le bien et le mal, le plus grand accomplissement de Rian Johnson est d’être parvenu à ajouter de la profondeur aux sept épisodes précédents.

L’Américain qui fêtera ses 44 ans dimanche réalise cet incroyable tour de force en étant extrêmement minutieux dans sa photographie. Tout au long du film, je me suis surpris à repérer dans la composition de ses images des hommages aux sept films précédents. Tout ça se fait de façon très subtile, mais l’effort est indéniable. Et l’effet réconfortant.

Il nous donne aussi envie de revoir les films précédents afin de vérifier si son oeuvre n’apporterait pas un nouvel éclairage sur certaines scènes que l’on croyait pourtant connaître par coeur.

Reste que même s’il a un oeil sur le passé, ce huitième épisode a les deux pieds bien ancrés dans le présent et met la table pour un futur aussi imprévisible qu’excitant. Bref, la magie Star Wars opère à fond. Encore une fois.

Un film de guerre… féministe

Lors de sa naissance, en 1977, la saga a innové en nous donnant, en Leia, un personnage féminin fort qui n’avait rien d’une demoiselle en détresse.

Quarante ans plus tard, Star Wars continue d’être à l’avant-garde en offrant aux petites filles non pas un, ni deux, mais bien trois modèles féminins.

Il y a bien sûr Leia, dont la pétulance du passé s’est transformée en formidable sagesse.

Le bras droit de Leia, l’amiral Holdo (Laura Dern), est aussi une femme forte. Quand les choses tournent mal, elle se montre à la hauteur et fait preuve d’un sang froid et d’un courage exceptionnels.

Reste que le personnage féminin le plus inspirant est celui de Rey. L’impatiente enfant se transforme tranquillement en une confiante et puissante jeune femme.

Mise devant des choix difficiles dont les enjeux dépassent de loin sa personne, Rey parvient à garder le contrôle de ses émotions et à se laisser guider par son instinct.

Star Wars est, depuis quatre décennies, le véhicule culturel le plus universel qui soit. Tant qu’à divertir, aussi bien en profiter pour subtilement passer le message que les hommes et les femmes s’équivalent. Même à la guerre…

FICHE TECHNIQUE

STAR WARS: LES DERNIERS JEDI

  • Version originale: Star Wars – The Last Jedi
  • Genre: fantastique/science-fiction
  • Budget: non dévoilé
  • Durée: 152 minutes
  • Une production des studios: Lucasfilm et Walt Disney Pictures
  • Réalisateur: Rian Johnson
  • Scénario: Rian Johnson
  • Avec: Daisy Ridley, Adam Driver, Carrie Fisher et Mark Hamill
  • Partage l’ADN de: L’Empire contre attaque (1980) et Star Wars: Le Réveil de la Force (2015)
  • On aime: l’intensité des 30 premières et des 30 dernières minutes, la photographie ainsi que les surprises
  • On aime moins: les quelques longueurs

ÉVALUATION (sur 5)

  • Scénario:   4
  • Qualités visuelles:      5
  • Jeu des comédiens:      4
  • Originalité:    5
  • Divertissement:  4

Total: 22 sur 25

Star Wars  – Du meilleur au pire

1) L’Empire contre attaque (1980)
2) La Guerre des étoiles (1977)
3) Le Retour du Jedi (1983)
4) Les derniers Jedi (2017)
5) Rogue One (2016)
6) Le Réveil de la Force (2015)
7) La Revanche des Sith (2005)
8) L’Attaque des clones (2002)
9) La Menace fantôme (1999)