Bonne année… politique et électorale!

Bernard Thériault

Ce qu’il faudra retenir de la nouvelle année qui commence lundi, c’est que pour la première fois, la génération des milléniaux vient de surclasser en nombre la génération des baby-boomers qui, par la même occasion cède en quelque sorte son statut de génération dominante dans notre société. Ce faisant, ce changement générationnel revêt une importance capitale dans notre quotidien puisqu’il annonce des changements majeurs dans nos habitudes de vie, tant sur le marché de l’emploi que dans le monde de la consommation. Si je fais allusion à cette importante révolution sociale, c’est qu’elle devra être prise en compte par les décideurs au cours de la prochaine année, plus particulièrement par le gouvernement provincial de Brian Gallant dont le mandat vient à échéance en septembre prochain.

D’abord, tentons de préciser qui sont ces milléniaux et définissons ce qui les différencie de la génération des boomers qui domine les tendances depuis plus de trente ans. Ils sont ceux qui parmi vous sont nés plus ou moins entre 1980 et l’an 2005. En devenant le groupe dominant de notre société, ils font disparaître en quelque sorte toute velléité de contrôle à la génération X et Y et transforme d’une façon brutale nos habitudes de vies. À titre d’exemple, ils sont une majorité à ne plus écouter la télévision, à magasiner en ligne et à refuser de faire la queue pour quoi que ce soit. L’idée même de lire un journal sur du papier les répugne et ils n’ont plus de téléphone à la maison. Pour eux, la fidélité à une marque ou encore à un parti politique est une abstraction. C’est devant cette nouvelle façon de voir les choses que la Fédération des Caisses Populaires acadiennes est devenu UNI et que le gouvernement fédéral a maladroitement signé une entente avec Netflix puisqu’ils savent très bien que c’est ce genre de bidule qui va dominer la consommation des produits culturels à partir de maintenant. Et si c’était Mélanie Joly qui avait raison!

Sur la scène provinciale, les Donquichottes des droits de la santé et de la langue devront réaliser que leur combat n’a aucune écoute devant cette génération et que les réunions de la SANB, d’Égalité Santé et de celles des Aînés francophones pourraient facilement se tenir ensemble puisque leurs membres sont du même âge. En fait, ils sont tous les mêmes! C’est dans ce contexte que nous avons vu un Kevin Arsenault passer de militant vert radical, à président déchu et libéral rejeté dans la même année. Comme dirait Hugues Auffray, «car le monde et les temps changent!»

Sur le plan électoral, je me réjouis de voir que les libéraux semblent comprendre ce changement de garde et courtise des candidats de cette génération, à qui il devient impératif de faire une place. Le sort des retraités et la santé et des ainés devront faire la place à des visions un peu plus modernes de la part de nos gouvernements. Je dis à Brian Gallant, de parler d’éducation, de conciliation travail famille, et de redonner une pertinence à la vie en région. Avec cela, il gagnera les prochaines élections.

Bonne et heureuse année à tous!

Le chef de l’opposition officielle, Blaine Higgs. – Archives

Jeannot Volpé

À quoi peut-on s’attendre pour 2018 au N.-B.? Les discussions des derniers jours sur la privatisation de certains services de santé vont se poursuivre en 2018 et le gouvernement libéral de M. Gallant a la majorité en chambre pour trancher. Le réseau Horizon, qui n’a pas fait les efforts qu’a fait le réseau Vitalité pour réduire ses dépenses et, que

M. Gallant courtise et favorise, appuie en partie les libéraux. M. Gallant a besoin de Saint-Jean pour aider à sa réélection et les libéraux sont convaincus que la population francophone est déjà gagnée.

Le dossier des évaluations foncières, truquées et fabriquées sera vite oublié selon M. Gallant en saupoudrant quelques millions de dollars ici et là.
Pour l’une des provinces les plus taxées et endettées au Canada, il sera intéressant de voir comment la magie d’une année électorale peut faire travailler l’imagination afin de trouver des façons de dépenser l’argent difficilement gagné par la population du N.-B.

D’ailleurs, M. Gallant utilise un vieux truc de Frank McKenna. D’abord, un budget où on prévoit un très gros déficit. Par la suite, si le déficit est moins gros que prévu, il sera considéré comme un surplus. Pourtant, un déficit moins gros que prévu est tout de même un déficit et la dette continue d’augmenter.

La légalisation de la marijuana et la taxe sur le carbone, imposées par le premier ministre du CANAbis à Ottawa, vont aussi affecter toute la population et la façon de faire des affaires au N.-B.

Que ce soit la compétitivité des entreprises ou des risques supplémentaires d’accidents de travail ou de réduction de productivité, il faudra se souvenir que tout ceci fut imposé par quelqu’un qui ne connait même pas le marché du travail.

À l’automne 2018, si la tendance se maintient, les libéraux de M. Gallant seront reconfirmés au pouvoir, et ce, par défaut. Tout comme dans le sport, lorsque l’adversaire ne se présente pas ou se présente avec une équipe incomplète, l’équipe adverse gagne la compétition par défaut. Jusqu’à maintenant, le chef des progressistes-conservateurs, Blaine Higgs, n’a pas réussi à sortir de sa coquille de chef de clan et il ne lui reste que quelques mois pour démontrer qu’il peut être un chef de parti provincial. Il a été élu chef du parti provincial par une équipe de Saint-Jean et il semble croire qu’il pourra aussi être élu premier ministre de la même façon.

Pour sa part, M. Gallant continue de courtiser la région de Saint-Jean afin de reconfirmer un mandat provincial. Il sera difficile, selon moi, pour M. Higgs d’aller chercher l’appui de la population alors qu’il n’a pas su utiliser tous les dossiers très controversés du gouvernement Gallant pour établir ses positions et se faire connaitre.

Bonne et heureuse année à tous et merci à l’Acadie Nouvelle de me donner la chance de partager mes réflexions.