Le meilleur de l’année cinématographique

Patrice CôtéChroniques

Une autre année cinématographique tire à sa fin. Le moment est donc venu de faire le bilan de ce que 2017 nous a offert de mieux.

Je tiens tout d’abord à apporter une précision importante. La plupart des films pressentis pour l’Oscar de l’année n’ont pas encore été présentés en Acadie.

Majoritairement lancé dans un très petit nombre de salles aux États-Unis, les The Shape of Water, The Post, Call Me by Your Name, Darkest Hour et autre Three Billboards outside Ebbing, Missouri devraient débarquer sur nos écrans au cours des prochaines semaines.

Puisque je ne les ai pas vues, ces oeuvres – dont on dit énormément de bien – ne peuvent donc pas faire partie de ce palmarès.

Qu’à cela ne tienne! Ce classement n’en est pas moins futile s’il vous donne le goût de voir ou de revoir ne serait-ce qu’un seul de ces films.

1) Manchester by the Sea

Je sais, je triche. Le film de Kenneth Lonergan a officiellement été lancé en 2016, mais c’est en 2017 qu’il a été présenté chez nous. Casey Affleck est éblouissant dans cette oeuvre dure et puissante qui nous force à réfléchir sur le concept de la culpabilité et la dépression. Un des meilleurs films des dix dernières années, qui nous enseigne qu’il est beaucoup plus difficile de se pardonner à soi même qu’à autrui.

2) Dunkerque

Christopher Nolan est un génie. Il n’y a que lui qui peut tourner un film de guerre aussi saisissant sans montrer l’ennemi nazi et en utilisant une ligne du temps brisée. Le cinéaste a dû inventer quelques caméras pour raconter son histoire et la photographie frôle la perfection. Une oeuvre dont la beauté n’a d’égal que l’intelligence.

3) Only the Brave


Tout dans ce film m’a plus, que ce soit la cinématographie, le jeu des comédiens, l’histoire, mais, surtout, la façon dont elle est racontée. Plusieurs réalisateurs auraient été tentés de faire d’Only the Brave un récit larmoyant. Joseph Kosinski en a plutôt fait une ode au courage et à la camaraderie. À voir absolument, ne serait-ce que pour la déstabilisante dernière demi-heure.

4) Blade Runner 2049


Le réalisateur Denis Villeneuve n’avait pas le droit à l’erreur en tournant la suite d’un des films de science-fiction les plus aimés de l’histoire. Le Québécois n’a pas déçu en nous offrant une oeuvre visuellement innovatrice qui, en prime, nous fait réfléchir sur l’épineuse question de la citoyenneté. Meilleur que l’original? Peut-être pas. Mais certainement plus divertissant.

5) Star Wars: les derniers Jedi


Même si les critiques ont adoré, la neuvième entrée de la franchise multimilliardaire n’a pas fait l’unanimité chez les puristes. Certains lui reprochent d’avoir pris trop de distances avec les films originaux des années 1970 et 1980. À mes yeux, la plus grande force de l’oeuvre de Rian Johnson est pourtant cet effort de mettre les nouveaux héros aux commandes et de reléguer ceux du passé au rôle de mentor.

6) Ça


Le livre culte de mon adolescence est devenu un film culte. Andy Muschietti a relevé l’imposant défi de simplifier un des romans d’horreur les plus complexes du 20e siècle. Le résultat est à la fois terrifiant et inspirant. Le Grippe-Sou de Bill Skarsgard fait maintenant partie du panthéon des meilleurs monstres de l’histoire du cinéma.

7) Demain tout commence


La bande-annonce laissait présager un film générique rempli de sentiments faciles. La réalité m’a surpris et renversé. Puissante comédie dramatique sur l’amour, la famille et la fragilité de la vie, Demain tout commence est assurément un des films les plus sous-estimés de l’année. On en ressort chamboulé, le coeur à la fois lourd et léger.

8) Spiderman: les retrouvailles

Oubliez les performances de Tobey Maguire et d’Andrew Garfield. Le Spiderman qui risque de passer à l’histoire est celui interprété par  Tom Holland. Rarement aura-t-on vu un sens de la comédie et de la répartie développé et à point chez un jeune comédien. Réalisée par Jon Watts, l’oeuvre est tout ce qu’on attend d’un film de superhéros: spectaculaire, drôle et intense quand il le faut. L’inclusion de héros comme Iron Man rend le tout mémorable.

9) Patients


Grand Corps Malade, slameur français. Le nom m’était inconnu. Maintenant, je ne pourrai plus jamais oublier son histoire. Ce n’est pas tous les jours qu’un film nous transporte dans un centre de réadaptation pour tétra et quadriplégique. Le sujet est lourd, le traitement léger et la leçon de vie universelle. Une oeuvre lumineuse qui réconcilie avec la vie.

10) Wonder Woman

This image released by Warner Bros. Entertainment shows Gal Gadot in a scene from « Wonder Woman, » in theaters on June 2. (Clay Enos/Warner Bros. Entertainment via AP)

Pour son originalité, Thor: Ragnarok aurait pu mériter cette dixième place. Mais dans le grand portrait des choses, lors d’une année marquée par le courage de tant de femmes, il est impossible de passer outre le premier film de superhéros féminin – tourné par une femme de surcroît. Au-delà de sa portée sociale, Wonder Woman est un divertissement de grande qualité qui a propulsé Gal Gadot au statut d’icône dans la culture populaire.