Puis-je emprunter vos souliers?

Mélanie CôtéChroniques

Je pensais que je ne jugeais point. Par la suite, j’appris la pratique du non-jugement.

Je me rendis compte que, malgré moi, je juge. En pensées ou en paroles, le jugement de valeur peut se manifester de façon bien subtile.

Subtil, mais courant

«Benoît n’a vraiment pas de tact; c’est inacceptable.»

«Fannie devrait être plus responsable.»

«Gilles est trop permissif avec ses enfants.»

Puisque mes intentions n’étaient pas mauvaises, je pensais que j’émettais de simples opinions, de simples observations. Tout aussi logiques les unes que les autres. Et justifiées bien sûr…

Je qualifiais leurs comportements de mauvais, effectuant, de la sorte, des jugements de valeur. Mes opinions étaient en concordance avec mes propres valeurs personnelles. Je peux considérer que Gilles est trop permissif avec ses enfants, de mon point de vue, mais – et le, mais est très important – ce n’est que mon humble opinion et non la vérité. Quelqu’un d’autre pourrait être d’avis que la discipline de Gilles est adéquate avec ses enfants, sans avoir tort.

Étant consciente que je ne détiens pas la vérité absolue, loin de là, mes jugements de valeur s’estompent. Aujourd’hui, je fais toujours des observations, mais la pensée qui les sous-tend a changé. Au lieu de croire que c’est mal, je pense que c’est différent de comment je souhaiterais que cela soit.

Il s’agit d’une affaire épineuse de mettre le juge en moi de côté, car ce juge intérieur, qui réprouve certaines conduites, tente de se rassurer, de se sentir supérieur.

«Je ne suis pas si pire après tout; je suis bien plus responsable que Fannie.»

Ces pensées sont fugaces, ou même complètement inconscientes, mais elles sont présentes et elles affectent l’harmonie (en moi et avec les autres).

Humanité commune

Si l’on voit l’autre comme une partie de l’humanité et, par extension, comme une partie de soi (étant donné que nous faisons tous partie de la même famille en humanité), comment juger?

Si quelqu’un agit d’une façon rebutante à mes yeux, je peux me poser des questions.

Ai-je marché une vie entière dans ses souliers?

Puis-je remplacer mon jugement par une pensée de bienveillance?

Le Dalaï Lama déclare: «Élargir votre conscience à la communauté humaine qui vous entoure développera l’unité, l’harmonie et la coopération.» Il précise: «Chacun de nous porte la responsabilité de l’humanité. Nous devons penser aux autres comme à des frères ou des sœurs.»¹

Le concept du non-jugement nous pousse vers l’acceptation de l’autre à un autre niveau. Quelle merveilleuse façon de commencer l’année 2018.

Je vous souhaite une année d’amour fraternel!

J’invite respectueusement vos partages et questions.

Défi de la semaine

Relevez vos subtils jugements à l’égard des autres. Observez ces jugements (sans vous juger vous-même bien sûr). Ils vous appartiennent. Si vous êtes prêt, débarrassez-vous de ceux-ci. La pratique du non-jugement sème l’harmonie.