Les palmarès de fin d’année

BERNARD THÉRIAULT

Presque tous les médias nous ont fournis au cours des dernières semaines de l’année 2017 des revues illustrant qui, au cours de la dernière année, a su impressionner où décevoir suffisamment pour retenir l’attention des médias. C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons vu de nombreux commentaires supportant ou s’opposant au choix des commentateurs.

À titre d’exemple, un lecteur de l’Acadie Nouvelle a reproché que le palmarès des 30 francophones qui se sont le plus illustrés en 2017 ne contenait aucun nom de militants acadiens se battant pour des causes patriotiques.

Cette observation est juste et nous invitera, je l’espère, à réfléchir sur l’état de santé de nos organisations nationalistes. Je m’avancerai en disant que trop d’efforts sont mis dans nos combats sur la judiciarisation des causes acadiennes. Notre premier réflexe est d’aller devant les tribunaux plutôt que de mobiliser la population à nos causes. Vous seriez surpris de connaître les sommes d’argent déboursés par Égalité Santé à la firme Caza Saikaley d’Ottawa questionnant du même coup, le fait que l’on ignore les juristes acadiens dans ces causes.

Peu de palmarès ont mentionné l’esprit de solidarité manifesté durant la crise du verglas l’hiver dernier, où sont apparus soudainement des héros extraordinaires qui ont dépensé temps et efforts pour s’assurer du mieux-être de leur famille et de leurs voisins. Si toutes ces merveilleuses personnes n’ont pas toujours fait les manchettes, ils méritent tous nos remerciements pour leur action durant la crise. Je mentionne ici, le travail du curé des îles Lamèque et Miscou, le père Patrick McGraw, dont on a vanté avec raison, la générosité et la grandeur d’âme durant la crise.

Vous ne m’en voudrez pas de donner à un maire d’une municipalité francophone une mention tout à fait spéciale devant le travail impressionnant qu’il a réalisé dans sa ville. Cyrille Simard, le maire d’Edmundston, mérite sans contredit toute notre admiration pour ses accomplissements à la tête de la capitale brayonne. D’abord il a permis aux gens de sa génération de prendre le pouvoir en délogeant une clique politique fatiguée de gouverner, il a défendu avec brio ses citoyens dans le dossier de l’oléoduc et a réglé, une fois pour toutes, le problème de l’aréna en réussissant là où tous les autres avaient échoués. Résultat; vous avez une municipalité dynamique, sûre d’elle-même prête à faire face à l’avenir et qui possède maintenant une équipe de hockey junior qui fait la fierté de toute la région!

Sur le plan provincial, je donne mon étoile à Benoît Bourque. Qu’il soit critiqué ou non sur le dossier de Medavie, il a à tout le moins montré qu’il a de l’épine dorsale et, chose très rare en politique provinciale, il parle un excellent français. Il s’exprime avec fermeté, précision et beaucoup de conviction!

Au fédéral Serge Cormier continue de nous impressionner et a marqué des points en prenant l’initiative d’aller à la rencontre des chômeurs malmenés par le système.

Comme les conservateurs eux-mêmes ne trouvent rien à dire de bon de leur chef, vous comprendrez qu’il m’est difficile de leur donner des fleurs. J’avouerai cependant mon faible pour le travail de Madeleine Dubé, et lui rappelle qu’il est encore temps de faire ce que sa collègue Francine Landry a fait, joindre les libéraux!

JEANNOT VOLPÉ

Difficile de ne pas réagir à la liste de l’Acadie Nouvelle sur les 30 Néo-Brunswickois les plus influents résultant de quelques questions posées par son comité.

QUI A LE POUVOIR POLITIQUE? Les élus qui sont choisis par la population sont responsables des décisions politiques. Ce sont des législateurs qui sont responsables d’apporter de nouvelles lois ou de moderniser celles déjà existantes afin de refléter les besoins changeants de la population selon leurs limites budgétaires à court et long terme. Des exemples récents sont l’augmentation de la TVH, la légalisation de la marijuana, la privatisation de certains soins de santé et la taxe sur le carbone.

QUI DÉTIENT LE POUVOIR ÉCONOMI­QUE? J’ai été surpris et déçu de constater qu’aucun ou aucune chef d’entreprise francophone n’ait été retenu (NDLR: le PDG de Medavie, Bernard Lord, occupait le 5e rang du classement, le PDG d’UNI Coopération financière, Robert Moreau, était 11e, l’Éditeur-directeur général de l’Acadie Nouvelle, Francis Sonier, occupait la 20e place, et la propriétaire des éditions Bouton d’or Acadie, Louise Imbeault, était 29e). La presque totalité des 30 personnes choisies ont leur salaire payé par différents niveaux ou une agence gouvernementale. D’où vient la source de leur salaire sinon du secteur privé? Une approche libérale socialiste croit que les gouvernements sont les grands responsables de gérer l’économie et la vie des gens. Une approche progressiste conservatrice croit plutôt que les gouvernements devraient créer un climat propice à la création d’emplois. Trop souvent, les interventions des gouvernements sont responsables de bureaucratie qui est toxique aux entreprises.

QUI PREND LES DÉCISIONS QUI AFFECTENT LE PLUS DE PERSONNES? Nos élus fédéraux, provinciaux et locaux, dans cet ordre. Que ce soit la sécurité publique, la santé, l’éducation ou autres, chaque représentant élu est responsable de la population dans son niveau de juridiction.

QUI A L’OREILLE DE NOS ÉLUS? Les médias, les syndicats et les groupes de pression prennent hélas souvent l’espace qui devrait toujours être disponible à la population en général. Les élus ont la mauvaise habitude de seulement prendre le temps d’écouter la population en période électorale.

Les choix de l’Acadie Nouvelle ne seraient sans doute pas unanimes dans toutes les régions francophones du N.-B. Par exemple, Gilles Lanteigne n’a pas de pouvoir économique ou politique et il n’a pas l’oreille des élus provinciaux. Ses décisions ne sont pas acceptables pour le gouvernement et encore moins pour la population du Nord-Ouest. Il a fermé des lits d’hôpitaux à Edmundston qui ont été réinstaurés à la suite des interventions musclées de la députée Madeleine Dubé. Que penser de la fermeture des services de chimiothérapie à Grand-Sault et à Saint-Quentin ou encore une fois le gouvernement à infirmer sa décision. Il n’a pas réussi non plus à convaincre le gouvernement du non-sens de la privatisation de certains soins de santé. Plutôt de le glorifier, peut-être que l’Acadie Nouvelle aurait dû prendre cet espace et quelques autres afin de reconnaître des chefs d’entreprises francophones (NDLR: le palmarès des 30 francophones les plus influents au N.-B. n’a pas pour but de glorifier, mais bien d’illustrer qui détient le plus de pouvoir en Acadie).

En résumé, la population a le pouvoir politique, les entreprises ont le pouvoir économique et les élus prennent les décisions trop souvent, hélas, en écoutant ceux et celles qui font le plus de bruit.