Une banalisation qui agace

J’étais sur le point d’abandonner l’écriture d’une chronique pour ce matin. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. J’avais cinq ou six débuts de chronique en marche, mais rien d’abouti. Trois ou quatre paragraphes puis ouf, plus rien. C’est une situation qui m’oblige à me poser des questions.

Je me suis donc demandé si je ne devais pas tout bonnement interrompre l’écriture de mes billets, du moins pendant un certain temps.

Pourtant, j’écris plus que jamais. C’est ce qui est confondant. Je m’entendais même expliquer au responsable des chroniques du journal que c’était peut-être seulement une panne d’un jour, mais peut-être que non, plus longtemps, si…

J’étais en peine. Puis j’ai examiné à nouveau les pièces à conviction, retournant les pages de mes cahiers. Ça, c’est encore autre chose, je n’écris pratiquement plus qu’à la main. Après des décennies d’écriture à l’ordinateur, pour une raison ou une autre, plus capable. Je me suis donc trouvé une main d’écriture grâce à un stylo qui avance sans effort. Le bonheur.

J’ai pensé, dans ces cahiers, n’y aurait-il pas une chronique ou deux? Eh bien, il y a celle-ci peut-être. Vous me direz.

J’en suis venue à la conclusion que s’il était nécessaire de trouver une nouvelle manière de catégoriser sommairement les êtres humains, en excluant les habituels paramètres sexuel et racial… autrement dit, si on voulait définir les humains selon une nouvelle norme générale autre que le masculin et le féminin, ce pourrait certainement être selon le fait d’avoir porté et accouché d’un enfant, ou pas. Cette seule donnée, je pense, est capitale. Le résultat peut être terriblement ingrat pour tous les autres, y compris bien souvent pour les pères de ces enfants.

Combien de fois vous êtes-vous fait dire, ou avez-vous entendu dire «Ah, tu n’as pas d’enfant(s), tu ne peux pas savoir…»? Il faut avoir éprouvé l’enfant dans sa chair puis l’avoir expulsé de soi, sinon aussi bien retourner nous coucher avec nos petites théories parentales.

Je dis cela comme ça. Une observation générale. Que je remets en question, d’une certaine façon. L’année qui démarre sera sûrement éclairante, d’une manière ou d’une autre.